Environnement

Littoral mauricien en péril : Les Nations Unies mèneront une enquête sur l'utilisation des financements internationales

Dimanche 16 Juin 2019

C'est un véritable camouflet pour le ministre de l'Environnement Etienne Sinatambou alors qu'il a déclaré le 28 mai que 95% des permis d’Environmental Impact Assessment (EIA) émis par le ministère de l’Environnement depuis 2015 sont incontestables.

Il avait également lancé un message aux personnes qui «coulent le pays à l’international de se ressaisir». En réponse aux personnes qui accusent le gouvernement de non-respect de des normes environnementales, c’est « injuste et complètement faux » selon le ministre Sinatambou. Il était allé jusqu'à menacer que les recommandations contestées feront l’objet d’une action en justice.

Mais voilà, devant l'impossibilité de se faire entendre, les membres du Colletif Aret Kokin Nou Laplaz (AKNL) sont passés à l'offensive et n'ont eu d'autre choix que de porter sur la scène internationale le combat des dernières plages et derniers écosystèmes du littoral.

Ils ont alerté les Nations Unies, notamment le siège mondial à New York à savoir le PNUD / UNDP (Programme des Nations Unies pour le Développement / United Nations Development Programme) concernant les incohérences du gouvernement qui d'une part, au nom des conventions internationales signées par l'Etat mauricien, empoche des millions de dollars pour protéger l'environnement, mais qui d'autre part, permet la destruction de ce même environnement côtier par les promoteurs de projets d'hôtel et de villas de luxe.

Le quartier général du PNUD a répondu à cet appel de détresse* et va démarrer une enquête sur le projet récemment lancé de "Mainstreaming biodiversity into the management of the coastal zone in the Republic of Mauritius"  avec un financement de USD 4.7 millions du Global Environment Facility qui vise à dresser la liste d'ici 2021 de tous les Environmentally Sensitive Areas (EIA) à protéger dans la zone côtière.

Pour rappel, le gouvernement a accordé un permis EIA au Groupe Beachcomber pour un projet d'hôtel à les Salines Rivière-Noire qui viendra détruire le Wetland 76 officiellement répertorié dans l'étude nationale sur les ESAs que ce même ministère de l'environnement avait effectué en 2009, un projet immobilier de luxe au cœur des wetlands de Pointe d'Esny avec à la clé son permis EIA ou encore à Bel Ombre le projet d'hôtel de la compagnie West Coast Leisure Ltd par le Groupe Hyvec.

Projet Pointe d'Esny : Le "secret" le mieux gardé de la côte sud-est  

L'ironie est que le projet GEF-UNDP "Mainstreaming biodiversity into the management of the coastal zone in the Republic of Mauritius" a sélectionné le District de Rivière-Noire comme zone modèle pour démontrer une approche de gestion intégrée de la zone côtière, or, non seulement les wetlands sont en passe d'être détruits pour faire place à des villas de luxe et jusqu'à 10 nouveaux hôtels, mais en plus le gouvernement veut absolument imposer le projet d'aquaculture du promoteur Growfish dans le lagon de Rivière-Noire. 

C'est bien la preuve que le Ministre Sinatambou et son ministère n'ont que faire des experts et études scientifiques que le GEF est en train de financer à hauteur de USD 4.7 millions pour permettre le développement durable de notre littoral.

Source : AKNL.
*Voir la notice officielle sur le website public de UNDP : https://info.undp.org/sites/registry/secu/SECUPages/CaseFile.aspx?ItemID=30


 

Rédigé par E. Moris le Dimanche 16 Juin 2019