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Société

L’affaire des Mauritius Leaks prend de l’ampleur


Rédigé par E. Moris le Mercredi 24 Juillet 2019

Une fuite révèle comment Maurice prélève des taxes sur les revenus des pays pauvres au profit des élites. Mauritius Leaks, basé sur 200 000 dossiers, expose un système sophistiqué qui détourne les recettes fiscales des pays pauvres vers les coffres des sociétés occidentales et des oligarques africains.



Le dossier publié par l’International Consortium of International Journalists, appelé Mauritius Leaks, fait du bruit. Pas parce qu’il évoque une quelconque transaction illégale, mais parce que, documents à l’appui, il accable davantage l’offshore mauricien. 

La principale accusation faite à la juridiction mauricienne, vient du fait qu’elle offre certains avantages aux investisseurs étrangers qui préfèrent l’utiliser pour faire du business en Afrique et ainsi priver les pays du continent noir du prélèvement de certaines taxes. Donc, si Maurice arrive à tirer avantage de la situation, c’est grâce à des accords de non-double imposition signés avec des pays africains. Le problème, c’est que ce dossier tombe à un moment où certains pays ont critiqué ces accords qui, selon eux, sont bien plus avantageux pour la partie mauricienne.

Le dossier est basé sur des documents obtenus de manière anonyme – dit le consortium officiellement – de la branche mauricienne de la firme Conyers Dill & Pearman, une compagnie basée aux Bermudes. Elle a entretemps été rachetée (avril 2018) par trois Mauriciens et rebaptisée Venture Corporate Services.

Depuis les révélations de cette enquête internationale et, très complexe pour une grande majorité, les réactions pleuvent. Venture Law Limited, la compagnie ‘sœur’ de Venture Corporate Services, soutient qu’elle a été victime d’un piratage informatique à partir du Nigéria fin avril. La firme aurait pu établir cela grâce à l’aide d’experts informatique. D’ailleurs, le mardi 16 juillet, ses dirigeants ont porté plainte à la Cybercrime Unit de la police. 

Dans cette plainte, la firme explique que les documents en question concernent principalement ses clients d’avant 2015 et quelques-uns seulement en 2017. Toutefois, dans une communication datant de mardi, la direction de Venture Corporate Services insiste que les documents ne montrent aucun signe d’irrégularités ou de faute de sa part. Et elle souligne qu’elle offre un service de qualité. Rappelons que les patrons de la firme sont Sameer Tegally, Sonia Xavier et Ashvan Luckraz.

Depuis la publication de ce dossier, les réactions n’ont pas manqué dans les médias.

Celle très attendue du ministre des Services financiers himself. Sudhir Sesungkur réfute l’argument que les accords conclus par Maurice ne bénéficie qu’au quadricolore. Il rappelle que les normes internationales sont utilisées et qu’ils font l’objet de négociations intenses entre les deux parties signataires. 

Sudhir Sesungkur, un ministre dans la tourmente des critiques internationales   

Pour ce qui est opérateurs ou ceux qui connaissent le secteur, à Maurice, ils soutiennent en gros que les choses ne sont pas aussi simples que l’ICIJ le laisse paraître et que sans Maurice et la stabilité qu’elle offre, les pays africains n’auraient pas vu débarquer autant d’investisseurs étrangers. C’est notamment le point évoqués par l’un d’eux, l’économiste Ashok Aubeeluck, dans la presse. 

Un autre économiste, prof à l’université, Ganessen Chinnapen, souligne que même des investisseurs africains préfèrent réinvestir dans leur pays en passant par un centre financier étranger (round-triping) et choisissent Maurice pour cela.  

Rappelons que Maurice compte actuellement 46 traités fiscaux opérationnels. Mais le régime fiscal mauricien bat toute concurrence, avec 3% de taxes seulement. Seuls le Congo, le Sénégal, les Seychelles et la Tunisie proposent une meilleure offre.

Mercredi 24 Juillet 2019

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