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Opinion

Le taximan Rajkumarsingh ou le syndrome du vigile devant la discothèque


Rédigé par E. Moris le Mardi 7 Décembre 2021



« Dans ce monde, mieux vaut paraître coupable qu’impuissant ! » Cette phrase dite par le président russe, avec un Ciaran Hinds magistral, dans « La somme de toutes les peurs », résume ce qu’a tenté de faire Bhooneswar Rajkumarsingh dans l’entretien qu’il a accordé à l’express.

Loin de nous l’idée de dénigrer les chauffeurs de taxi. Certains d’entre eux peuvent avoir une culture phénoménale. Certains peuvent même avoir un goût prononcé pour le droit. C’est peut-être le cas de Bhooneswar Rajkumarsingh. 

Qui se cache derrière l'IBA?

À une question du journaliste, il explique qu’en février 2020, lorsqu’il a été nommé, le directeur par intérim lui a remis les documents relatifs à l’organisme. Bhooneswar Rajkumarsingh affirme QU’IL s’est documenté et QU’IL a constaté qu’il fallait « dépoussiérer cette loi ». Il soutient aussi que dès la première réunion du board, le 27 février 2020, IL avait proposé de venir de l’avant avec des amendements, mais avec le confinement l’an dernier, avec le Parlement qui n’a pas siégé durant un moment, c’était plus difficile.

À une autre question, il affirme QU’IL estime que deux sections (24 et 25) de l’IBA Act, qui traitent de suspension et de révocation des licences, « étaient révolues ». À une autre question, Bhooneswar Rajkumarsingh soutient QU’IL est le régulateur et qu’ainsi IL décide des changements à la loi. 

Qui l’eût cru ! Dans un board sur lequel siègent Dhiren Dabee, Sollicitor General, Dick Ng Sui Wa, avocat (quoi que pas très bon), Ajay Ramphul, directeur de l’organisme et avocat, c’est Bhooneswar Ramkumarsingh qui a tout trouvé. Dhiren Dabee devrait démissionner. Dire que beaucoup estiment qu’il est l’un des finest legal brains du pays. Il semble donc que sa réputation semble surfaite. S’il a fallu Rajkumarsingh pour trouver des failles dans l’ancienne loi sur l’IBA. 

Ça, c’était pour le côté absurde de la chose. Mais outre de nous balader, avec ou sans taximètre, Bhooneswar Rajkumarsingh nous fait prendre des vessies pour des lanternes. D’abord, il justifie avec une facilité déconcertante les amendements apportés à la loi. Il soutient aussi, sans broncher, ni même cligner des yeux, que ces amendements ne visent personne. Mais la question la plus importante est celle-ci : sans l’aval du gouvernement, sans ce fameux feu-vert, aurait-il pu venir de l’avant avec ces amendements « qui étaient attendues depuis un longtemps », selon lui. 

En fait, Rajkumarsingh est comme le vigile posté devant la boîte de nuit. Ayant un petit pouvoir concernant l’admission dans la discothèque, il a fini par croire qu’il était le patron de la boîte !

Mardi 7 Décembre 2021