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Opinion

Gestion du Covid : A quand une enquête sur le trio Gaud-Joomaye-Jagutpal pour "mise en danger de la vie d’autrui ?"


Rédigé par E. Moris le Jeudi 9 Septembre 2021



@ GIS Mauritius
@ GIS Mauritius
Abus des Emergengy Procurement Procedures et politique d'opacité du High-Level Committee for Covid-19 présidé par le Premier ministre, Pravind Jugnauth. Le scandale des achats par millions au prix supérieur du marché concernant les équipements et médicaments ne sont qu'une partie de l'iceberg.

A une quinzaine de jours de la réouverture des frontières et à la suite de deux confinements, l'île Maurice connait une résurgence de nouveaux cas du Covid-19 malgré des conditions sanitaires estimées très strictes.

Beaucoup de questions se posent, notamment, comment une île qui vit sous cloche depuis près de deux ans, peut encore ressentir une troisième vague aussi violente avec en moyenne près de 300 cas par jour. Malgré une campagne de vaccination qui s'est accélérée, les vaccins proposés par le gouvernement mauricien sont-ils efficaces face aux variants ?

Opinion : La course absurde de la vaccination à tout prix à l'île Maurice

Les Mauriciens sont épuisés et surtout très inquiets de l'opacité qui entoure la gestion sanitaire. La vaccination est l’une des solutions – et non la seule comme le soutiennent les membres du gouvernement. Et ne voilà-t-il pas que l’on importe la polémique Covaxin après l'AstraZeneca (vaccin suspendu en Afrique du Sud car inefficace face au variant sud africain) sur nos côtes, et des vaccins russes ou chinois.

Depuis l'apparition du coronavirus à Maurice, le trio Gaud-Joomaye-Jagutpal fait la loi, dirige et contrôle le pays

Les professionnels de Santé n'ont eu de cesse de tirer l'alarme depuis fin de l'année dernière sur ces conseillers autoproclamés. Les membres de l'opposition également, mais faute d'un leadership, le pays continue sa dérive abyssale, entre amateurisme et improvisation.

L'hécatombe des patients dialysés fait toujours l'objet d'une enquête, tandis que les personnes décédées et positives au Covid sont sélectionnées puis étiquetées une fois sur trois "victimes", d'autres passent à la trappe, les communiqués laconiques d'un comité santé censé informer le public ne ressemblent à rien. Sans compter le manque flagrant de dignité pour l'enterrement des morts. 

En raison d'une politique d'opacité prônée par le Premier ministre Pravind Jugnauth, selon le rapport de l'Audit qui fait état de transactions par millions, les dossiers n’ont pas été remis aux auditeurs. Et les dépenses sous le Covid-19 y ont été largement critiquées. Le rapport de l’Audit 2019-2020 pointe du doigt le High-Level Committee sur le Covid-19, mis en place rappelle-t-il tout au long de ses conclusions, par le Prime Minister’s Office, la National Task Force on Covid-19, les ministères de la Santé, du Commerce et dans une moindre mesure celui du Tourisme, la State Trading Corporation et la Mauritius Tourism Promotion Authority. 

Abus des Emergengy Procurement Procedures

Rappelons qu’un milliard de roupies de produits sanitaires ont été acquis à travers la STC principalement pour le compte du ministère de la Santé. Les fameux respirateurs Pack and Blister acquis pour Rs 94 millions et les commandes de médicaments dont les prix ont été gonflés entre 15 et 3,300 %.

Aucun dossier du High-Level Committee au PMO 

Fait surprenant le comité mis sur pied au niveau du ministère de la Santé durant le premier confinement n’a conservé ni agenda ni les comptes-rendus des réunions. Le High-Level Committee for Covid-19 présidé par Pravind Jugnauth, n'a laissé aucune trace. ll est donc difficile, voire impossible, de savoir qui a décidé et autorisé ces achats sous la procédure d’urgence pour, rappelons- le, Rs 1,7 milliard.

En France, Agnès Buzyn, l’ex-ministre de la santé risque une mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre de la gestion gouvernementale de la crise sanitaire.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé qui avait démissionné mi-février 2020 au début de l'épidémie de Covid-19, est convoquée ce vendredi à la Cour de justice de la République (CJR) à Paris en vue d'une possible mise en examen. Cette convocation à la CJR, seule juridiction habilitée à juger des ministres dans l'exercice de leur fonction, a lieu dans le cadre de l'enquête menée depuis juillet 2020 sur la manière dont le gouvernement a géré cette épidémie.

Les trois juges d’instruction de la CJR reprochent à l’ancienne ministre sa gestion de la crise liée au Covid, et notamment l’absence d’anticipation de son administration. Ils pourraient la mettre en examen pour deux chefs d’inculpation : l'"abstention volontaire de combattre un sinistre", et "mise en danger de la vie d’autrui". 

Devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire, Agnès Buzyn avait indiqué fin juin 2020 avoir alerté l'Elysée et Matignon dès janvier de la même année sur le "danger" potentiel du coronavirus. L'enquête avait été ouverte en juillet 2020 après que la commission des requêtes de la CJR, composée de hauts magistrats, avait estimé que neuf plaintes visant l'exécutif étaient recevables. Depuis, 14.500 plaintes sur la gestion de la pandémie étaient arrivées à la CJR.

Jeudi 9 Septembre 2021