Environnement

[Vidéo] Dossier : Y-a-t-il eu un nouveau permis pour la construction de bungalows sur l'île Plate ?

Dimanche 6 Janvier 2019

Que se passe t-il sur l'île Plate ? A la suite d'informations troublantes reçues à la Rédaction de Zinfos Moris, il semblerait malgré qu'aucun permis EIA ne soit en cours, des permis de constructions de bungalows ont été agréés.


Au large du Coin de Mire, à 12 kilomètres du nord de Maurice, l'île Plate cache de nombreux trésors naturels. Dans son roman, La Quarantaine, le Prix Nobel de Littérature d’origine mauricienne, Jean-Marie Gustave Le Clézio, utilise l’Ile Plate comme décor. L'ambiance est donnée.

D'une superficie d'environ 2,5 kilomètres carrés, cette réserve naturelle abrite un lagon, une faune et une flore florissantes avec plusieurs plantes et animaux endémiques, des plages superbes, un des deux seuls phares encore opérationnels de Maurice, des ruines, des épaves…

Faisant partie des plus beaux îlots entourant Maurice, l’île Plate est pris d’assaut chaque matin par des hordes de bateaux charters pleins à craquer de touristes, venus profiter de la beauté incomparable de cet endroit unique.

L'homme d'affaires Patrick Fanchette, ne pourra dire le contraire, sa société Island Monitoring Ltd exploite 15 arpents de l’îlot pour une durée de 7 ans ! L'Etat a décidé un accord à l'amiable malgré un dossier solide pouvant mener à la résiliation du bail. 

Dans un « Cabinet Paper » en date du 6 novembre 2018 : « Cabinet was informed of the Ministry’s proposal to accept mediation in the case of Island Monitoring Ltd against the State regarding the lease of Flat Island. »

Si une série de conditions est attachée à ce bail, dont l’aménagement d’infrastructures écologiques pour les activités touristiques ainsi que la préservation des lieux, il n'en reste pas moins que pour des raisons inconsidérées, Discover Mauritius, une compagnie de l’État, sous le ministère du Tourisme, géré par Xavier-Luc Duval à l'époque avait obtenu un bail de sept ans à partir de 2007.

Celle-ci est par la suite entrée en “joint-venture” avec Island Monitoring Ltd pour l’aménagement d’un restaurant et autres activités touristiques dans l’île.

Si l'île Plate est et reste une réserve naturelle, une partie de l’île a été déclassée pour faire place au projet « éco-touristique » de Monsieur Fanchette, malgré les avis défavorables des officiers des National Parks and Conservation Services et de la Mauritian Wildlife Foundation en février 2010 qui avaient constaté que plusieurs conditions du bail n’avaient pas été respectées.

Notamment qu’un autre gérant opérait le restaurant alors que le bail précise qu’on ne peut sous-louer l’île. Des constructions avaient également été faites sans autorisation avec en bonus une accumulation de déchets. Pour l'écotourisme, il faudra repasser !

L'audit dans son rapport de 2010 avait révélé : « The restaurant seemed to be managed by another private operator, although the license agreement clearly stipulates that the lessee shall not assign or sublet the whole or any part of his interest under the lease ». The old historical building north of the island has been developed as a restaurant without the approval of the ministry. »

Pourquoi ce volte face du gouvernement mauricien ? A qui profite ces accords au détriment de la protection de notre environnement ? Des déjeuners exclusifs au restaurant à la Table du Gouverneur à quelques privilégiés de la planète alors que le site est classé au patrimoine national sur une réserve naturelle ? 
L’émission française Thalassa avait révélé les dessous de cette affaire dans une série de reportages sur l'île Maurice en 2010 intitulé : "L'île Maurice en péril".

La Rédaction de Zinfos Moris vous propose de les visionner de nouveau. Le sujet, malgré les années reste d'actualité. Chaque régime au pouvoir ont fait fi de la protection et la préservation de notre patrimoine, littoral, lagons. 

Thalassa, magazine de la mer, avait consacré une série de reportages sur Maurice en 2010. Les sujets traités interpellent et dénoncent les dérapages et dégâts engendrés par le développement touristique : privatisation du littoral à outrance et des lagons détruits.



Rédigé par E. Moris le Dimanche 6 Janvier 2019