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Politique

SBM : Navin Ramgoolam dénonce «les loups de la place d’Armes»


Rédigé par E. Moris le Dimanche 3 Mai 2020



Le chef du Parti travailliste Navin Ramgoolam a publié ce dimanche soir 3 mai sur sa page Facebook sa lecture de la situation à la State Bank of Mauritius (SBM), laquelle a rendu publics cette semaine ses maigres profits de 15 millions de roupies, alors qu’en 2014 elle en faisait 3,2 milliards.

Navin Ramgoolam revient sur les « 7,7 milliards de roupies parties en fumée » :

Les directeurs ont failli devant leurs responsabilités légales, morales et éthiques du “duty of care”.

À peine une semaine après la mise en administration volontaire de notre compagnie d’aviation nationale pour insolvabilité financière, nous voilà face à un nouveau séisme qui vient frapper un autre fleuron de notre patrimoine, la SBM (Mauritius). Cette dernière était jadis une banque qui faisait la fierté de notre île Maurice indépendante en se construisant au fil du temps pour devenir la deuxième plus grande banque juste derrière la MCB.

Aujourd’hui, nous assistons à son ébranlement dû à une gestion catastrophique de ses affaires. Ce n’est guère un secret que la « Kwizine » et ses agents politiques notoires convertis en banquiers ont infestés les couloirs de la SBM.

Victime d’une gestion dictée par l’incompétence et l’irresponsabilité des administrateurs prenant une direction hasardeuse, la SBM se retrouve avec des profits après impôts de Rs 3,2 milliards en 2014 à Rs 15 millions en 2019 ! Entre-temps, Rs 7,7 milliards sont parties en fumée durant les 3 dernières années sous forme de « bad debts».

Qui sont les bénéficiaires de ces « write-offs » de Rs 7,7 milliards ? Devons-nous nous attendre à encore plus des « write-offs » qui vont plomber encore plus le bilan de la SBM durant l’année en cours ? Le « loan book » nous réserve-t-il d’autres mauvaises surprises ?

Alors que la barque prenait l’eau, la SBM (Mauritius) a vu ses dépenses liées au personnel augmenter de Rs 500 millions, passant de Rs 1,2 milliards en 2018 à Rs 1,7 milliards en décembre 2019. Idem au niveau du groupe SBM avec une hausse de Rs 1 milliard.

Un autre ratio utilisé par les analystes financiers et qui a grimpé drastiquement, c’est le « cost-to-income » qui était jadis sous la barre des 35% pour arriver à 64% en 2019 !

Ceci démontre que les coûts d’opérations ont presque doublés en comparaison aux revenus. Les salaires et autres bénéfices offerts à certains privilégiés du pouvoir sont tout simplement ahurissants !
Avec une accumulation de plus Rs 7,7 millards de « write-offs » de 2016 à 2019, le capital de la banque a été lourdement impacté. Cela forcera bientôt les actionnaires à injecter du capital pour préserver la stabilité de cette banque d’état.

Alors que la plupart des économistes respectés, prédisent un scénario catastrophique pour l’économie mauricienne qui découle non seulement de la pandémie frappant le monde mais aussi d’une gestion économique hasardeuse et sans vision depuis 2015, la SBM se retrouve de plain-pied dans cette tourmente économique avec des fondamentaux rongés et affaiblis.

Le secteur bancaire représente l’épine dorsale de notre économie et sur cette même base de confiance et de bonne gouvernance s’est construit notre secteur financier. Si la SBM continue sur cette trajectoire, nous dirigeons-nous tout droit vers une catastrophe d’une ampleur inimaginable, avec un effet contagion sur le secteur financier et par ricochet l’économie mauricienne dans son ensemble?

La déroute d’Air Mauritius et de la SBM démontre un profond mal enraciné dans les fondamentaux :

1. Qui était Premier Ministre et ministre des Finances de 2017 à 2019 ?
2. Qui était responsable des acquis de l’état et de l’argent public ?
3. Qui était responsable de la nomination du Chairman, du CEO et du conseil d’administration d’Air Mauritius et de la SBM ?
4. Qui a nommé Sattar Hajee Abdoula à la SBM et comme « asset stripper » à Air Mauritius ?

Nous sommes ici clairement face à l’œuvre d’un chef de clan égoïste et sans aucune vision qui de surcroît fait semblant aujourd’hui de protéger les Mauriciens d’un ennemi invisible.

L’ouverture d’une enquête pour établir les responsabilités des décideurs, des dirigeants ainsi que de la BOM s’impose afin d’éclairer le peuple en toute transparence pour la pérennité de ce pilier économique.


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