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Environnement

[Rezistans ek Alternativ] Changement Climatique : Entre sinistre et cynisme


Rédigé par E. Moris le Samedi 25 Janvier 2020



Depuis quelques années, les débuts calendaire donnent la fâcheuse impression de vouloir se répéter. Le débat autour de la qualité de l'éducation publique s’invite invariablement à chaque début d’année dans l’espace public après la publication des résultats de la SC et de la HSC alors que le système éducatif public s’enlise de plus en plus dans la médiocrité. Les inondations de début d’année sont aussi malheureusement d’ordre récurrente.

On a l’impression de vivre le même cauchemar chaque année sans que les racines du problème ne soient vraiment résolues. La seule chose qui semble circuler comme il le faut dans les drains construits en grande pompe est l’argent du contribuable. Il est quand même invraisemblable que ce soient les mêmes régions qui se retrouvent inondées chaque année. Et le pire dans l’histoire est qu’on a l’impression que le pire en matière de climat reste à venir.

Aujourd’hui, il suffit d’une cinquantaine de millimètres de pluie en trois heures pour transformer le pays en ‘disaster zone’, mettre notre économie en panne et faire d’un millier de citoyens des sinistrés. C’est inacceptable. Cinquante millimètres de pluie en trois heures est certes impressionnant mais n’est en aucune façon une calamité naturelle et ne devrait pas créer autant de dégâts physiques et psychologiques.

Qu’adviendra-t-il le jour où un cyclone tropical intense de fort diamètre et contenant beaucoup de pluie s’abattra sur nous?

Les ‘flash floods’ font partie de notre réalité aujourd’hui et il faut prévoir en connaissance de cause. Aucun ministre ou haut fonctionnaire de l’Etat ne devrait se cacher derrière les ‘flash floods’ pour justifier l’état apocalyptique dans lequel se retrouve le pays après des intempéries. Pour la bonne et simple raison que les ‘flash floods’ aujourd’hui sont de moins en moins l’exception et deviennent de plus en plus la norme.

Gouverner, c’est prévoir! Ainsi, il est du devoir de nos dirigeants d’assurer la sécurité de la population dans des scénarios plus ou moins prévisibles.

Le changement climatique a été identifié comme étant le risque majeur au dernier World Economic Forum à Davos. Notre société capitaliste et ultra libérale se réveille finalement face à l’ogre qu’est le changement climatique et, malgré le retard à reconnaître l’un des enjeux les plus cruciaux du 21eme siècle, cela devrait engendrer des changements radicaux tant au niveau systémique que dans le mode de vie de la race humaine dans les années à venir.

Le tandem Jugnauth-Padayachy organisa en fin d’année 2019 un tirage spécial du Lotto avec pour but de lever des fonds pour venir en aide aux victimes de catastrophes naturelles. Cette opération, aussi connue comme ‘sak lakrwa konte’, rapporta quelques huit millions au Consolidated Fund du gouvernement.

Le gouvernement compte-t-il refaire un nouveau tirage dans le sillage de Diane et ainsi de suite après chaque intempérie?

Ou va-t-il finalement assumer ses responsabilités, reconnaître le risque que représente le changement climatique pour une société aussi vulnérable que la nôtre, et s’assurer qu’on relève le défi climatique qui se profile dangereusement à l’horizon. Combien d’autres permis le Ministère de l’Environnement compte-t-il émettre pour permettre à la destruction de nos Wetlands? Combien de projets de bétonnage sauvage seront ignorés par les autorités? Quelle sera la proportion du budget qui sera allouée pour augmenter notre résilience aux événements climatiques? Va-t-on encore une fois privilégier la construction d’infrastructures routières pour subvenir aux besoins des bailleurs de fonds “smarts”?

Les mesures annoncées dans le Discours Programme ne montrent aucun signal du changement fondamental nécessaire. Par exemple le Climate Change Bill, de l'époque Dayal est annoncée encore une fois après que le précédent gouvernement de Jugnauth ait failli à l’introduire pendant les cinq années écoulées. La transition socio-écologique, si cruciale pour la société, n’est pas non plus à l'agenda de ce gouvernement.

Les récentes victimes des intempéries ne sont point des victimes de ‘catastrophes naturelles’ comme veut nous faire croire Jugnauth et consort mais plutôt des victimes de ‘catastrophes politiques’. A bien y penser, la vraie operation ‘sak lakrwa konte’ n’a-t-elle pas eu lieu en Novembre 2019 pour les élections générales (âprement contestées) et non pas en Décembre 2019?

Kugan Parapen et Ashok Subron
25.01.20

Samedi 25 Janvier 2020

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