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Société

Pourquoi la perception que le MSM "fann cash" pour acheter la voix du peuple persiste ?


Rédigé par E. Moris le Dimanche 6 Décembre 2020



C'est une perception des Mauriciens que personne ne peut occulter. La grogne et la colère ne sont pas que virtuelles sur les réseaux sociaux mais aussi dans la rue. La manifestation du mois de juillet restera dans les annales du pays lorsque plus de 100 000 personnes ont scandé à l'unisson "BLD" dans les rues de la capitale, envoyant un message violent mais direct au chef du gouvernement. La diaspora à travers le monde n'était pas en reste. 

Si auparavant, les Mauriciens acceptaient avec une sorte de fatalité que la corruption faisait partie du folklore, le réveil des consciences a eu lieu très certainement avec la marée noire lors du naufrage du Wakashio et lorsque le pays s'est retrouvé sur la liste noire de l'EU.

 

La légitimité du chef du gouvernement au poste de Premier ministre, même si ce dernier se vante d'avoir été élu par le peuple, n'est pas tout fait vrai. Plusieurs pétitions électorales sont en cours pour dénoncer des cas de fraude lors des élections législatives par l'opposition. Des membres de l'opposition n'hésitant pas à déclarer "linn kokin elektion".

Les dés pipés d'avance

Si la mémoire fait défaut aux partisans du gouvernement, il faut rappeler qu'un bookmaker avait misé gros sur son poulain. Recrutant des "chamchas" de la presse, la propagande gouvernementale était assurée. Les "fanneurs cash" avançaient à visage découvert dans les villages et les régions rurales. Les enveloppes, petites et grandes, ont circulé sans grande honte. Une pratique connue mais qui au regard des anciens n'ont jamais pris autant l'ascenseur.

 

Elections villageoises 2020 bis repetita

Rajeev Jangi, celui qui se disait proche du parti travailliste, s'est découvert une nouvelle et soudaine affinité avec le régime au pouvoir : « Je fais confiance au Premier ministre, sans le gouvernement, je ne pourrais pas faire avancer le district de Grand-Port ». Et de conclure : « Mon parti, le ‘Parti socialiste villageois’, n’a aucune affiliation avec le Parti travailliste ».

Pour Ramgoolam et Bérenger : "Pravind Jugnauth a acheté des votes"

Commentant le résultat des élections villageoises hier, Navin Ramgoolam a révélé pour sa part que le président du conseil de district de Grand-Port, Rajeev Jangi, a rencontré le Premier ministre. La réunion a été organisée par son oncle, Heman Jangi, chef du CCID. «La majorité des villages a voté en faveur de l’opposition mais le MSM a mis les grands moyens pour ‘acheter’ les conseillers.» 

 

Bérenger est du même avis. Doit-on conclure que ce ne sont que de mauvais perdants ? 

Ce n'est pas si simple. Cette rengaine peut certainement lasser certains détracteurs ou agacer ceux qui sont au pouvoir. Dans les deux cas, il faut faire preuve d'une grande naïveté et avoir des oeillères pour ne pas avoir connaissance des tractions avérées du régime pouvoir. Des tractions mafieuses et hors la loi, banalisées d'un revers de la main. 

L’avocat Rama Valayden allègue que l’argent a joué un grand rôle à ces élections

L'ancien Attorney General allègue que certains habitants ont reçu des meubles et des sacs remplis de produits alimentaires en cadeau la veille du scrutin et d'autres victimes de menaces et d’intimidation.

Ce n'est un secret pour personne que le MSM ne veut pas seulement avoir le pouvoir, il veut contrôler le pays comme un royaume. Toutes les institutions et organismes d'Etat sont sous le contrôle du MSM. D'ailleurs certains ont déjà comparé Pravind Jugnauth à Jésus ! A quand l'arrivée de l'Antéchrist ?

Dimanche 6 Décembre 2020

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