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Opinion

[Opinion] Que penser de l’aparté Pinocchio-Lion ?


Rédigé par E. Moris le Jeudi 19 Août 2021



Le petit koz-koze entre Pravind Jugnauth et Navin Ramgoolam, filmé et diffusé en long et en large par la MBC dans le Journal télévisé, a donné lieu à bien des spéculations et remarques. En fait, elle a été interprétée de diverses façons. Il y a ceux qui voient déjà la réunification de la grande famille hindoue pour les prochaines législatives. Ils iront même jusqu’à dire que si Paul Bérenger et Xavier-Luc Duval ont pu s’allier, alors pourquoi pas Navin et Pravind ! 

Il y a les sceptiques. Les deux étaient à une réception du haut commissariat indien, pour célébrer la fête nationale de la Grande péninsule. Les deux doivent beaucoup à l’Inde. Et faire le goujat, à cette occasion, en boudant ou refusant de saluer l’adversaire, l’ennemi, aurait laissé mauvaise impression. Comme disait Katsumoto dans Le Dernier Samouraï, « ne pas se présenter, même entre ennemis, est considéré comme impoli ! »

Il y a aussi les die hard du MSM. « Pravind est en train de berner Navin », diraient-ils. Il va lui proposer le poste de président de la République et pourra ainsi régner pendant 100 ans encore sur le pays, perpétuant la dynastie Pinok. 

Il y aussi les partisans de Navin Ramgoolam. « Notre champion est revenu dans la partie. Pravind est dans une si mauvaise qu’il a besoin de s’agripper à Navin Ramgoolam », chantent-ils sur tous les toits. Mieux, ils se réjouissent davantage du pied-de-nez de Navin Ramgoolam au trio Paul-Xavier-Roshi qui, comme « Les trois mousquetaires », étaient au nombre de quatre, en comptant Bodha. On peut d’ailleurs parier que cela a dû amuser Navin Ramgoolam ! Il réunit toutes les formations de l’opposition qui, de manière diplomate au début mais ensuite cavalière, lui disent qu’il doit faire une croix sur ses ambitions de redevenir Premier ministre. 

En même temps, il faut souligner que des propos de Patrick Assirvaden, laissant entendre que Navin Ramgoolam n’est plus intransigeant sur un mandat entier comme Premier ministre, jouent aussi à entretenir le mystère. En tout cas, Ramgoolam aime garder le flou. Il reprochait d’ailleurs à Bérenger d’aller vomir en conférence de presse les points évoqués en privé lors des discussions d’alliance. Cela ne risque pas d’arriver avec lui. Ni avec les Jugnauth ! 

Une chose est certaine. Pravind Jugnauth ne pourra aller aux prochaines élections avec quelques béquilles anciennement mauves (Obeegadoo, Ganoo, Ramano, Collendavelloo). D’une part, une stratégie qui a marché à un scrutin ne l’est plus au prochain. De plus, rien n’empêche tous ses adversaires de conclure une union sacrée à la dernière minute… comme cela avait été le cas entre le MMM et le MSM en 2000. Rappelez-vous, la fédération MSM-MMM venait se briser. Navin Ramgoolam, persuadé de la victoire, donne la date des élections. Et SAJ et Bérenger réussissent le tour de force de conclure une nouvelle alliance. 

Navin Ramgoolam disait en 2019 qu’il était le seul à pouvoir battre Pravind Jugnauth. Il en était persuadé. Mais il mordait la poussière, ne se faisant même pas élire. Les deux rois de la savane jouent les durs. Mais ils sont tous deux en mauvaise posture et doivent compter sur la mise en scène d’une fausse rencontre. Une alliance ne se discute pas en public…

Jeudi 19 Août 2021