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Société

Les Mauriciens ne font pas confiance à Pravind Jugnauth


Rédigé par E. Moris le Samedi 12 Septembre 2020

Le divorce est entamé, dans un bras de fer qui fait trembler les hautes sphères de l'Etat. Un mouvement de protestations se mesure dans le temps et sa constance à mobiliser. A n'en point douter, le vent de révolte citoyenne prend de l'ampleur à Maurice.



La révolution citoyenne est en marche depuis la première manifestation du 11 juillet qui avait pour but de dénoncer l’incompétence du gouvernement face à la mauvaise gestion des nombreuses crises qui ont secoué le pays. Samedi 29 août 2020, des dizaines de milliers de Mauriciens ont exprimé leur ras-le-bol après la marée noire et les graves conséquences écologiques et économiques, dans les rues de la capitale. 

Une marche à l'initiative du travailleur social, Bruneau Laurette qui a rencontré un franc succès en rassemblant tous les Mauriciens et la diaspora éparpillée à travers le monde. Plus largement, les manifestants ont aussi dénoncé la corruption, les inégalités sociales, la mainmise sur le pouvoir de certaines familles et un régime perçu comme de plus en plus autoritaire.

Samedi 12 septembre à Mahébourg, les Mauriciens faisant partie de la société civile devenant un nouveau contre-pouvoir ne peut plus être ignoré. 

La cote du chef de l'État recule au sein de son socle électoral, et affiche un net recul auprès des électeurs dans les villages. Le Premier ministre dévisse chez les personnes âgées. C'est le prix à payer après les disparus en mer.

Au classement des personnalités dont les Mauriciens ont une "image positive" figurent en tête l'activiste social Bruneau Laurette, omniprésent dans les médias et tribunaux et les ONG ayant eu une réactivité efficace et à toutes épreuves depuis la marée noire.

Dans cette ambiance gueule de bois, où le pays se retrouve sur la liste noire de l'Union Européenne, les frontières fermées en raison de la pandémie de la Covid-19 et une économie à genoux, le chef du gouvernement a fermé le parlement jusqu'au mois de novembre.

Récemment élu, esseulé par un électorat qui ne veut plus de lui face à une mauvaise gestion des affaires de l'état, la tactique délibérée de Pravind Jugnauth envoie un mauvais signal pour des relations apaisées.

Les parlementaires rappelons le, ont eu droit à des congés forcés de près de 3 mois avec la période de confinement. Ces deux mois de vacances payés aux frais des contribuables sont considérés comme une insulte par les Mauriciens. Ils sont très nombreux à se retrouver au chômage ou ayant des difficultés à rembourser leurs emprunts. La colère de la rue enfle et le gouvernement se retrouve déconnecter des préoccupations du peuple.

La prochaine séance parlementaire est prévue pour le mardi 3 novembre, sachant que les vacances de fin d’année se feront dans la foulée comme une lettre à la poste. Rappelons qu'entre le 24 janvier et le 28 août, uniquement 31 séances parlementaires ont eu lieu avec neuf questions parlementaires et 21 Parliamentary Questions (PQs). A lundi, 195 questions sont restées sans réponse. 

 



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