Société

Le prédicateur islamique Mufti Menk, interdit à Singapour, est annoncé à Maurice

Samedi 7 Juillet 2018

Sur les réseaux sociaux, les Mauriciens sont nombreux à partager l'annonce de la venue du Mufti Menk prévue le mercredi 18 juillet à 20h15 au Taher Bagh à Port-Louis.
Ce déplacement est organisé par la Surtee Soonnee Mussalman Society.


Le prêcheur islamique Mufti Menk est interdit de prêcher à Singapour depuis 2015. En octobre 2017, le gouvernement de  Singapour lui a interdit d'entrer dans le pays au motif qu'il est accusé de favoriser la discorde religieuse. 

Le mufti Ismail Ibn Musa Menk a fait des études à l’université islamique de Médine, afin d’obtenir son diplôme en charia. Il s'est spécialisé dans la jurisprudence à Gujarat en Inde. Il est directeur de l’Daar ul Ilm (centre islamique pour l’éducation) de la Majlisu-l Ulama du Zimbabwe et enseigne également à l’échelon international.

Il est identifié comme un salafiste. Il est le chef du département de fatwa du Conseil des savants islamiques du Zimbabwe. Il a été nommé comme étant l'un des 500 musulmans les plus influents dans le monde par le Centre d'études stratégiques islamique royal de Jordanie en 2013-14 et 2017.

Le Huffington Post a cependant décrit Menk comme un prédicateur islamique ouvertement homophobe, au point que sa tournée de 2013 prévue dans six universités britanniques (Oxford, Leeds, Liverpool, Leicester, Cardiff et Glasgow) a été annulée, à l’initiative des syndicats étudiants et des responsables de ces universités

Le prédicateur zimbabwéen a des millions d'adeptes sur les réseaux sociaux à qui il prêche sous forme de messages vidéos ou citations.

Mufti Menk ainsi que le malais Haslin Baharim, ont essayé de contourner la loi d'interdiction qui pesait sur eux de prêcher sur le territoire singapourien en participant à une "croisière à thème islamique".

Islamic Cruise avait organisé un voyage spirituel sur cinq jour où Mufti Menk devait donner une série de conférences dont l'une intitulée "Navigating Towards Paradise", dont les profits devaient être distribués aux personnes défavorisées à Banda Aceh. Forums et sermons au programme. 

La décision d'interdire à ces deux prédicateurs de prêcher avait été prise après consultation du Conseil religieux islamique de Singapour (Muis), l'Office du tourisme de Singapour et l'Autorité maritime et portuaire de Singapour.

Le ministre de l'Intérieur, K Shanmugam avait déclaré au Parlement que les deux prédicateurs étaient réputés pour prêcher des "enseignements ségrégationnistes et diviseurs"

A titre d'exemple Mufti Menk dans sa campagne de propagande aurait affirmé que c'est le "plus grand péché et crime" pour un musulman d'échanger des joyeux Noël ou des vœux de Deepavali avec des non-musulmans.

"De telles opinions créent l'intolérance et nuisent à l'harmonie sociale (sic). Ils sont inacceptables dans le contexte de la société multiraciale et multi-religieuse de Singapour". 

Soulignant que le gouvernement a la responsabilité de sauvegarder la cohésion sociale et l'harmonie religieuse, le ministre de l'Intérieur a réitéré que les Singapouriens doivent également "rejeter et protéger sans équivoque" contre les messages de division et les prédicateurs qui les propagent, indépendamment de la foi.

Discutant de la question du terrorisme au Parlement, M. Shanmugam a montré aux députés deux vidéos de prédicateurs, dont Mufti Menk, qui défendait ses opinions exclusivistes.

L'autre vidéo mettait en vedette le prédicateur islamique basé à Mumbai, Zakir Naik, conseillant aux adeptes de ne pas voter pour quelqu'un d'une autre religion.

S'exprimant lors d'une motion d'initiative parlementaire pour rester unis contre la menace terroriste, M. Shanmugam a déclaré: "Je pense que les Singapouriens diront que ce n'est pas acceptable. Si nous permettons ce genre d'enseignement à Singapour, nous pouvons facilement imaginer les préjudices sur notre mode de vie ainsi que les fondamentaux de la paix et du progrès de Singapour".

Voilà l'homme que Maurice s'apprête à accueillir !

 

Le cas de Zakir Naik un autre prédicateur radical qui a été invité à Maurice malgré une interdiction de territoire, continue aussi de faire l'actualité. 

Selon l'article du journal Today daté du 7 juillet 2018, les groupes religieux veulent que le Dr. Mahathir Mohamad repense sa décision de permettre au prédicateur controversé Zakir Naik de rester en Malaisie. Ils ont exhorté le Premier ministre à révoquer le statut de résident permanent de Zakir et à l'expulser immédiatement.

Le Dr Naik est connu pour ses discours haineux qui ont apparemment inspiré l'un des attaquants de l'attentat terroriste de Dhaka en 2016 et ont été distingués par Singapour comme un prédicateur dont la prédication dissidente n'est pas acceptée dans la République.

Le président du Conseil consultatif du bouddhisme, du christianisme, de l'hindouisme, du sikhisme et du taoïsme, RS Mohan Shan, a déclaré que même si Zakir ne tenait pas de réunions à grande échelle, il répandait des opinions négatives sur les non-musulmans.

Sans surprise, on découvre que c'est le Comité d'accueil présidé par Khalil Elahee qui avait organisé une dizaine de conférences et introduit le Dr Naik à Maurice. Le même Khalil Elahee, chargé de cours à l'Université de Maurice qui organisait les conférences de Tariq Ramadan et le présenter comme une rock star. D'ailleurs à chaque scandale que traverse ses personnages controversés et érigés comme des gourous des temps modernes. Elahee se fend d'une tribune dans la presse dans un schéma de victimisation à outrance, quitte à vouloir parler au nom de toute une communauté qui ne lui a jamais rien demandée. 

https://www.todayonline.com/world/why-are-you-protecting-zakir-naik-religious-groups-ask-dr-mahathir#cxrecs_s

Rédigé par E. Moris le Samedi 7 Juillet 2018

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