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Environnement

Le Wakashio, un cyclone environnemental sans précédent


Rédigé par E. Moris le Lundi 10 Août 2020

Le bateau échoué dans les eaux cristallines de l’île Maurice avec 4000 tonnes de pétrole à bord fait craindre une catastrophe écologique encore plus grave dans cet espace maritime protégé.



Des milliers de personnes ont afflué dimanche sur la côte sud-est de l'île Maurice pour participer à sa protection face à la marée noire qui menace de s'écouler du vraquier Wakashio, échoué sur un récif à une centaine de mètres au large.

"Les gens ont compris qu'il fallait qu'ils prennent les choses en main pour protéger la faune et la flore", a affirmé Ashok Subron du Collectif Reziztans ek Alternativ. L’île Maurice possède les plus beaux récifs coralliens du monde et constitue un sanctuaire pour une faune rare et endémique. Ses 1,3 million d’habitants dépendent de ses eaux pour la nourriture et l’économie.

 

Des milliers de volontaires aident à sauvegarder ce qu'il reste encore à sauver de leur paradis perdu.

Depuis le 6 août, 200 tonnes de diesel et 3800 d’huile lourde s’échappent des cales du navire battant pavillon panaméen, polluant les côtes du pays. Les racines des mangliers du Vieux Grand Port et les palétuviers des mangroves trempent dans les hydrocarbures, la Rivière des Créoles luit de goudron, les sites de Falaise rouge, Bois des amourettes, Quatre Sœurs… sont également souillés. La marée noire menace même l’îlot des Aigrettes, qui abrite des espèces endémiques, comme les «zoiseaux-lunettes» et les pigeons roses lisses et le parc marin de Blue Bay, connu pour ses tortues marines. 

 

Mahébourg, centre névralgique de  la crise.

Des centaines de Mauriciens ont tressé des barrages flottants en chanvre à base de canne à sucre et en tissu afin de circonscrire la nappe de carburant qui s'échappe du navire, échoué sur un récif de Pointe d'Esny. D'autres, couverts de carburant et d'huile, portant parfois masques et gants de caoutchouc, tentaient de ramasser dans des seaux les produits échappés du navire.

 

L'enfer au paradis existe. Les Mauriciens doivent faire face à la pire crise écologique de leur histoire. ​

Environ 1.000 des 4.000 tonnes de carburant transportées par le Wakashio se sont déjà déversées en mer, a indiqué à la presse Akihiko Ono, vice-président de la Mitsui OSK Lines, qui opérait le navire, appartenant à une autre entreprise japonaise et navigant sous pavillon panaméen.

 

La côte sud-est et son récif est un joyau écologique connu pour ses sites de conservation classés internationalement, ses eaux turquoises et ses zones humides protégées.

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui a déclaré un "état d'urgence environnemental", avoue piteusement son impuissance à maîtriser la gestion du désastre, n'étant pas un "expert". Il a fallu attendre plus de 12 jours, avant qu'il ne fasse appel à la France via l'île de La Réunion, pays voisin.

L'incompétence du gouvernement mauricien face à la menace de plus en plus pressante de la marée noire.   

Samedi, un navire de la marine française et un avion avec des experts à bord sont partis pour Maurice depuis la Réunion. Le Japon a annoncé de son côté l’envoi d’une équipe de six experts pour travailler aux côtés des secours français et locaux.

 

Si le bateau venait à se briser, ce sont près de 3000 tonnes d'hydrocarbures qui pourraient se déverser dans le lagon mauricien.

Les équipes d’intervention sont provisoirement parvenues à bloquer la fuite d’hydrocarbures qui se déversaient depuis plusieurs jours de la cale du bateau.

Mais le risque que le vraquier se brise tout simplement en deux était grandissant. “Les fissures se sont creusées. La situation est encore pire”, a déclaré à la presse le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth.


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