Menu


Politique

La motion de blâme contre le Speaker Sooroojdev Phokeer sur toutes les lèvres...


Rédigé par E. Moris le Mercredi 15 Juillet 2020

La motion d’Arvin Boolell contre le Speaker Sooroojdev Phokeer est la huitième qu’un élu dépose contre un président de la Chambre. Elle a été débattue dans la soirée du mardi 14 juillet, après l’adoption du Finance Bill.



Le tout premier à déposer une telle motion était Jules Koenig, alors leader du Parti mauricien, dans ce qui était encore l’Assemblée législatif. Deux motions de blâme ont été déposées par sir Gaetan Duval contre le Speaker Alan Ganoo en septembre 1982 et Cassam Uteem contre le Speaker Ajay Daby en mai 1985. Mais la motion la plus intéressante a été déposée en novembre 1990, parce qu’elle émane du Premier ministre qui voulait révoquer le Speaker qu’il avait lui-même fait nommer. Ce dernier, Ajay Daby, était opposé à une alliance MSM-MMM. 

Depuis, les quatre motions de blâme contre un Speaker ont été déposées par des travaillistes. Soit Razack Peeroo contre Iswadeo Seetaram en 1993, Navin Ramgoolan contre le même Seetaram en 1995, Shakeel Mohamed contre Maya Hanoomanjee en 2017 et maintenant Arvin Boolell contre Sooroojdev Phokeer en 2020.

10 parlementaires sont intervenus entre 22 h mardi soir et 3 h ce mercredi matin

Les débats sur la motion de blâme du leader de l'opposition contre le speaker Sooroojdev Phokeer ont commencé vers 22 h.

Ancien ambassadeur de Maurice aux Etats-Unis jusqu'à l'annonce des élections législatives, Sooroojdev Phokeer a été durant la campagne électorale, le campaign manager dans la circonscription 8 (Moka/Quartier-Militaire) de Pravind Jugnauth et très actif dans la circonscription no 10 (Montagne-Blanche/Grande-Rivière-Sud-Est).

Le leader du MMM, Paul Bérenger, était farouchement contre la nomination de Sooroojdev Phokeer comme Speaker. Rappelons que Paul Bérenger, Premier ministre en 2004 avait rappelé ce dernier, pour «faute grave» qu’il aurait commis alors qu’il était ambassadeur au Caire, en Égypte de 2000 à 2004.

Pour résumé, le leader de l'opposition qui a présenté cette motion de blâme estime que le speaker a failli dans son rôle et qu'il fait preuve de partialité, en favorisant le gouvernement. 

Le ministre du Transport, Alan Ganoo a déclaré que le gouvernement n'a pas besoin de la protection du speaker et qu’il n’y a aucun problème à nommer un politicien comme Speaker.

Un Speaker qui menace les membres de l’opposition, comme un "taper parlementaire".

Le leader du MMM , Paul Bérenger a donné la réplique à Alan Ganoo. Il parle de complot entre le président de la chambre et le gouvernement. Paul Bérenger ajoute qu’il n’y a jamais eu dans l’histoire parlementaire du pays, un Speaker qui menace les membres de l’opposition, comme un "taper parlementaire".

Le silence complice et coupable de Paul Bérenger sur son ancien ambassadeur Sooroojdev Phokeer

Quant au député Patrice Armance, il est d'avis que le speaker doit faire preuve de neutralité et de partialité. « Il ne faut pas museler l'opposition », a-t-il déclaré.

Les interventions autour de la motion de blâme ont duré jusqu’aux petites heures ce mercredi matin. Elle se poursuivront mardi prochain. Idem pour celles concernant le Finance Bill.


Nouveau commentaire :

Règles communautaires

Nous rappelons qu’aucun commentaire profane, raciste, sexiste, homophobe, obscène, relatif à l’intolérance religieuse, à la haine ou comportant des propos incendiaires ne sera toléré. Le droit à la liberté d’expression est important, mais il doit être exercé dans les limites légales de la discussion. Tout commentaire qui ne respecte pas ces critères sera supprimé sans préavis.