Justice

Chagos : Deux cadors prennent la parole à la Cour internationale de Justice

Mercredi 5 Septembre 2018

Place aux ténors ! Ce mercredi marque le troisième jour des auditions concernant le dossier Chagos devant la Cour internationale de justice de La Haye. Et le rôle d’ouvrir le bal a échut au « Gendarme du monde », accessoirement première superpuissance planétaire.


Jennifer Newstead, conseillère juridique de département d'Etat américain, a expliqué que le cas devant la Cour internationale de Justice relève d’un différend bilatéral.

Donc, la cour, selon elle, ne peut donner un avis consultatif dans un litige entre deux pays. D’ailleurs, a-t-elle ajouté, en lorsqu’elle a demandé son adhésion aux Nations-unies, la République de Maurice n’avait à aucun moment fait mention de décolonisation incomplète.

Pour les États-Unis, cette affaire ne pourra être résolue uniquement en se basant sur les lois internationales. Il faut le consentement des parties concernées. 

Après les États-Unis, c’était au tour du Guatemala de s’exprimer. Son représentant, Lesther Ortega, ministre-conseiller, a expliqué que le sujet qui est débattu devant la Cour internationale de Justice concerne la décolonisation. Un tel thème, selon lui, a préséance sur un simple différend bilatéral, si tel est le cas dans ce dossier. 

Le représentant guatémaltèque a été suivi par Caleb Christopher, conseiller juridique du gouvernement des Iles Marshall. Il a insisté sur le fait que la Cour internationale de Justice est compétente pour trancher sur le dossier Chagos. Pour lui, ce qui existe entre Maurice et la Grande-Bretagne est un « semblant d'accord », qui doit être déclaré nul. Car, selon lui, un accord territorial doit concerner deux états et non une puissance coloniale et sa colonie. 
Caleb Christopher souligne aussi que s’il y a eu négociation au milieu des années 60, c’était par désespoir. 

Puis, ce fut au tour de l’Inde de s’adresser aux juges. Venu Rajamony, ambassadeur indien aux Pays-Bas, a expliqué que îles Chagos ont été administrées jusqu’à 1967 comme une partie de Maurice. Preuve que l’archipel appartient à la république mauricienne. Il s’est aussi appuyé sur le fait que, selon l’accord, les îles Chagos devraient revenir à Maurice lorsqu’elles ne seront plus utiles pour les besoins de la défense. Nouvelle preuve, selon lui, qui confirme la souveraineté de Maurice sur les Chagos. 

Venu Rajamony s’est aussi appesanti sur le jugement arbitral du 18 mars 2015 déclarant illégale la décision de la Grande-Bretagne de proclamer la région des Chagos zone maritime protégée. Pour lui, cette décision, ainsi que les termes utilisés par le juge du tribunal marin (qu’il y a eu pression sur Maurice) sont des preuves irréfutables que Maurice est dans son droit lorsqu’elle revendique sa souveraineté sur les Chagos. 

Après la pause, ce sera au tour d’Israël, du Kenya, du Nicaragua et de la Namibie de s’exprimer.

Rédigé par E. Moris le Mercredi 5 Septembre 2018

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