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Société

Wakashio : Si couler le navire était la pire option, selon Greenpeace Africa, Jacqueline Sauzier affirme le contraire


Rédigé par E. Moris le Vendredi 21 Août 2020

Echoué le 25 juillet sur le récif de Point d'esny, au sud-est de l’île Maurice, le Wakashio avait laissé échapper des hydrocarbures, entraînant une catastrophe écologique sans précédent. Le vraquier s’est brisé en deux dimanche dernier, après une course contre la montre pour pomper le carburant qu’il contenait encore.



Trop d'experts, tue l'expertise. Le scénario redouté mais aussi décrié par de nombreuses voix s'est désormais réalisé.

Alors que l'opération de l’immersion de la proue du Wakashio, mesurant près de 200 m de long, a eu lieu au large de Maurice, le jeudi 20 août, l’organisation de protection de l’environnement Greenpeace Africa a émis son avis concernant cette décision de couler le navire.

Une opération respectant les recommandations des experts, selon le gouvernement mauricien, qui a  décidé de saborder l’avant du bateau à une quinzaine de kilomètres du récif corallien. L’épave du Wakashio a été tirée par deux remorqueurs et coulée à une profondeur de près de 3 000 mètres. 

"Couler ce navire fait prendre des risques à la biodiversité".

Happy Khambule, de Greenpeace Africa, cité par les médias, a cependant estimé que couler le Wakashio était la pire option. Selon ses explications, l’immersion du navire "fait prendre des risques à la biodiversité et contaminer l’océan avec des quantités importantes de métaux toxiques lourds, menaçant d’autres zones également, particulièrement l’île française de la Réunion".

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Rappelons que très décriée par les défenseurs de l'environnement, cette solution n'avait pas non plus la faveur des autorités françaises. Avant un nouveau rétropédalage où le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu annonce que "la solution de couler l'épave au large est envisageable", et de préciser néanmoins la nécessité de s'assurer "que les décisions prises ne vont pas amplifier l'impact environnemental." Avec la crainte réelle de voir une pollution résiduelle continuer à se produire pendant plusieurs années en cas d'immersion précipitée. 

Enter Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d'Agriculture et présidente de la Mauritius Marine Conservative Society.

Un autre son de cloche qui interpelle. Considérée comme proche du pouvoir, ses dernières déclarations dans les médias font grincer les dents. Entre mensonges ou demi-vérités et propagande gouvernementale qui méritent d’être dénoncés, comment s'y retrouver ! 

Selon ses dires, il n’y a pas de preuve scientifique que la zone précise où la proue du Wakashio a été coulée en haute mer est une pouponnière pour les baleines. Certes, les baleines viennent à proximité de nos côtes dans leur grande migration. Mais rien ne dit qu’à cet endroit spécifique, ils se reproduisent et mettent bas. 

Toujours selon Jacqueline Sauzier, la zone que choisissent les baleines à bosse pour la saison des mamours est si grand, immense même, qu’elle ne sera pas affecté par un objet de 200 mètres de long et de quelques mètres de large. Circulez, y'a rien à voir !

La question de la prise en charge de l'épave a donc été l'objet de toutes les attentions, malgré l'envoi en urgence de trois experts du Ceppol (Centre d'expertises pratiques de lutte antipollution) et du Cedre (Centre de documentation de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux).

 


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