Edito de Moris

Un Mario Nobin disqualifié !

Dimanche 1 Juillet 2018

Un Mario Nobin disqualifié !
Le syndicaliste Atma Shanto a été arrêté comme un vulgaire criminel jeudi dernier, pour diffamation alléguée envers un membre de l'Employment Relations Tribunal. Notre caricaturiste Kok.dessin n'a pas hésité à croquer en quelques coups de crayons de couleurs les incohérences de cette arrestation. 

Une arrestation choquante, décriée par les syndicalistes. L'incident n'en restera pas là car les syndicalistes comptent bien alerter l'opinion internationale. A chaque coup porté à la démocratie, c'est aussi l'image du pays à l'international qui continue de s'assombrir. 

Depuis la manifestation illégale du 2 juin, si il y a eu quelques interpellations "symboliques", on ne peut pas dire que les autorités ou la police de Nobin aient été d'une grande efficacité.

Zinfos Moris a retrouvé le prédicateur radical Javed Meetoo plus connu sous le nom de Abu Junayna sur les réseaux sociaux. Loin de faire profil bas, preuves à l'appui sous forme de vidéo, il continue sa propagande contre l'état mauricien et sa "croisade" envers les "mécréants". 

On comprend par la force des choses qu'il y a une perte de contrôle du pays tant au niveau de sa sécurité que par ceux qui la dirigent. Malgré les alertes des observateurs locaux et étrangers, le Premier ministre préfère minimiser. Il n'y a pas que l'incompétence à gérer des situations de crise mais aussi un manque de leadership flagrant. Ce qui renvoie un mauvais signal à ceux qui pensent qu'ils ont l'immunité de faire ce que bon leur semble. 

Si la police prend un ton assuré et affirme qu'une "enquête est en cours" à chaque dossier "sensible", les citoyens désabusés préfèrent se laisser aller à la suspicion et finissent par douter que quelque chose de concret puisse aboutir. Nous avons pourtant 13.000 policiers dans ce pays. Soit un agent des forces de l'ordre pour 100 habitants, bébés, enfants et vieillards compris... Un taux de policiers par habitant parmi les plus forts du monde. Mais qui accueille également pas mal de ripoux dans la force policière. 

L'escapade nocturne d'un détenu et trafiquant de drogue résume le dysfonctionnement de notre système. Tout comme le fait de laisser planter des pieds de gandia au sein de la prison. Si ces exemples paraissent anecdotiques, ils n'en restent pas moins graves. La corruption s'est installée dans nos institutions avec une complicité qui résulte de plusieurs années de laxisme. 

Depuis un mois, des menaces par emails arrivent dans chaque rédaction de l'île à un rythme régulier et constant, prenant ainsi un pays en otage. Plaisanteries de mauvais goûts ou menaces sérieuses ? Bien difficile à dire. 

Il n'empêche que dans ce climat, face au silence du gouvernement et à l'incompétence des autorités à faire face aux situations d'urgence, tout en restant ferme pour marquer leur autorité, le manque de réactivité prouve qu'il manque quelqu'un au commande. 

Le gouvernement semble en perte de vitesse et reste constant dans la débandade. Si les sondages pouvaient parler, ce serait à coup sûr la dégringolade la plus violente de l'histoire politique du pays.   

Les Mauriciens résignés, préfèrent ricaner lors de l'arrestation de celui qui a partagé la photo du Premier ministre sur un site pornographique et qui a été arrêté avec une promptitude déconcertante. Tout comme un voleur de letchis. 

La résilience a pourtant ses limites. 

Le député Tarolah qui avait pris l'Assemblée comme scène de tournage pour son film X en y montrant son petit  zoizeau et toute l'artillerie à sa disposition, en présence de caméra, n'a pourtant pas été sanctionné pour outrage bien que payé par l'argent des contribuables. Le Premier ministre cautionne et excuse. Ça ne l'offusque pas ou si peu. 

Drôle de mentalité.

Rédigé par E. Moris le Dimanche 1 Juillet 2018

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