Edito de Moris

Travailleurs bangladais : les médias en ont fait des bêtes de foire

Dimanche 20 Janvier 2019

La semaine dernière, 45 ressortissants étrangers ont été interpellés pour travail et séjour illégal. La "traque" a été filmée par de nombreux médias qui n'ont pas eu la décence de flouter les visages, pire certains ont scénarisé "l'événement" avec une musique épouvantable.

Choquant le traitement de ces hommes par des officiers de police. Dégoûtant la façon indigne, animale et bestiale de filmer cette situation. 

Le plus réactif face à ce cirque, est sans doute, Me Rama Valayden qui a alerté la Human Rights Commission et qui dénonce la façon de procéder des officiers du Passport and Immigration Office lors des opérations crack-down. 

Mais qui au sein des médias aura le courage de dénoncer les journalistes ? 

On dénonce souvent la manière de faire quand ça se passe à l'étranger. Pourquoi à Maurice tout est permis ?

Est-ce parce que ce sont des étrangers en situation irrégulière et qu’une fois déportés et expulsés ils ne pourront pas réclamer des dommages pour le viol de leurs droits ?

Certains médias avec la complicité de la police, les jettent en pâture face à curiosité des lecteurs avides de sensationnalisme ou dans d'autres cas, afin d'exacerber la xénophobie ambiante. 

L’île Maurice est signataire de traités et conventions internationales et voir la police et les médias agir ainsi c’est très grave.

À chaque fois c’est la même chose quand il s’agit de travailleurs étrangers en situation irrégulière, la police informe les médias qui viennent filmer en direct l’opération policière.

Quelle est la finalité de ces opérations filmées ? Pourquoi ce type d'opérations est filmé ? Est-ce ainsi que le gouvernement espère redorer son blason avec la complicité de certains médias désormais connus ?

Le putaclic ou piège à clics de ces plateformes de "news", journal en ligne à sensation qui vise à attirer le maximum de passages d'internautes afin de générer des revenus publicitaires est devenu hors de contrôle. Des fins inavouables de ces donneurs de leçon, qui s'apparente à du terrorisme intellectuel. Sinon, quel est l'intérêt de jouer à ce jeu là ?

Ce n'était plus de l'information, mais de la mise en scène propagandiste réveillé par le bas instinct de ces "chasseurs d'image". Filmer la brutalité des policiers et les droits humains de ces travailleurs bafoués c'est le devoir du journaliste, mais se rendre complice en intégrant de la musique...on a depuis un moment atteint le fond !

Certaines voix se sont élevées, rares mais intéressantes. Il ne restera plus qu'à observer la posture de ces jeunes loups qui pensent ne pas avoir à accepter la critique d'où qu'elles viennent.

L’autorégulation, l’indépendance, l’impartialité et la rigueur dans le traitement de l'information quand il s'agit de ce genre de sujet doit être primordiale.

L'opposition face à ce voyeurisme est venu encore une fois des acteurs de la société civile qui dispose aujourd’hui d’un outil très important, les réseaux sociaux. Elle constitue une force. Leur force. 

On ne peut plus faire de l’information sans que les Facebookers réagissent en exigeant que les droits à la dignité soit appliquée pour tous. Soit ces médias prennent en considération ce nouveau fait, soit ils finiront par perdre leur crédibilité. Il y a déjà l’exemple de la télévision publique que personne ne regarde…

 

Rédigé par E. Moris le Dimanche 20 Janvier 2019

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