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Un autre regard

Tout ça pour ça !


Rédigé par E. Moris le Dimanche 18 Novembre 2018



Jusqu’au prochain sujet qui dominera l’actualité, les observateurs pourront épiloguer à loisir sur le débat de vendredi à Ébène où deux journalistes étaient face à Maneesh Gobin pour évoquer les amendements infamants à l’Information and Communication Technologies Act. 

L’Attorney General et ministre de la Justice a-t-il été bon face aux deux journalistes ? La réponse est oui ! Ses deux intervieweurs ont-ils été à la hauteur ? Chaque personne qui aura suivi le débat aura son opinion. D’ailleurs, même ceux qui ne l’auront pas suivi ont sûrement leur avis, basé des bribes, vraies, fausses ou en partie inventées. 

Mais qu’importe, peut-on être tenté de dire, puisque l’Attorney General a fait une excellente performance ! Et il faut concéder que cela aurait été aussi le cas s’il avait été en face de trois, quatre, cinq ou dix journalistes. Maneesh Gobin aurait à chaque fois sorti un lapin de son chapeau d’avocat et d’ancien magistrat ou aurait exécuté une pichenette légale pour botter en touche. 

Le drame, c’est que le gouvernement n’a même pas le loisir de savourer ce petit exploit. Car, ce dont il est question en ce moment à propos du débat, c’est s’il y a eu connivence compte tenu des relations entre certains communicants (très) proches de Maneesh Gobin et (au moins) un des deux intervieweurs. 

Est-ce cette proximité qui fait que les deux journalistes n’ont pas rebondi sur tel ou tel aspect ? C’est la question que beaucoup se posent… Dans cette catégorie, on trouve évidemment les journalistes qui estiment qu’ils auraient réalisé une meilleure performance face à l’Attorney General. On pourrait trouver aussi ceux ayant une vague notion de journaliste mais également beaucoup de ceux ayant un avis sur la question et même le quidam du coin de rue. 

On oublie qu’une bonne interview, c’est comme un match avec des stratégies gagnantes ou foireuses, ainsi que des faits de jeu. Car si c’était aussi simple qu’on le pensait, le Bayern de Munich et Manchester City ne perdraient aucun match, Roger Federer et Rafael Nadal ne s’inclineraient jamais face à un illustre inconnu. 

Mais pour revenir au débat, c’est une rare situation où l’on a que des perdants. Le gouvernement d’abord ! C’est un drame de ne pas pouvoir capitaliser sur une victoire face à deux "grandes stars" du paysage médiatique mauricien. D’autant que dans tout ce brouhaha, personne ne se rappelle encore d’au moins deux arguments sortis par Maneesh Gobin. 

Les deux journalistes ont laissé des plumes et de leur superbe. Ils ont été plus bruyants après l’événement face au flot de critiques que sur le plateau. D'autres journalistes ont remué dans les brancards car n’ayant pas obtenu d’invitation pour participer à l’événement. De sacrées pleurnicheuses certes ! Mais qui ont tout de même contribué à gâcher la fête. 

En fait, ce qui devait être un événement sur le plan de la com l’a été. Mais cela a profité à qui ?


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