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Politique

Torture policière : « Je n’étais au courant de rien », affirme Pravind Jugnauth


Rédigé par E. Moris le Mercredi 15 Juin 2022

C’était le thème de la Private Notice Question ce matin.



Il se targue d’être l’homme le plus informé du pays. Pourtant, en ce qui concerne les scandales affectant son gouvernement, il n’est jamais au courant. C’était le cas pour l’affaire Molnupiravir par exemple ! Pravind Jugnauth est toujours le dernier à savoir. C’était le cas aussi pour l’histoire des actes de torture perpétrés par des policiers.

Pravind Jugnauth, dans une très longue réponse, a déclaré qu’il y a 5 cas qui ont été rapportés. 9 personnes ont été interrogées et 6 personnes arrêtées et suspendues de leurs fonctions. Il a aussi longuement évoqué la loi sur l’Independent Police Complaints Commission. 

 

Le Premier ministre a refusé la requête de Xavier-Luc Duval pour l’institution d’une commission d’enquête.

Il a expliqué que cela prend du temps et que les preuves et éléments ne peuvent être utilisés pour d’éventuelles poursuites. « Même si la commission d’enquête incrimine des gens, on ne pourra utiliser les preuves recueillies dans des poursuites. La police devra enquêter de nouveau », a-t-il déclaré. Et d’ajouter que justement, l’IPCC Act prévoit qu’après toute enquête, le dossier est référé au DPP et que les preuves recueillies peuvent être utilisées pour d’éventuelles poursuites. L’IPCC peut aussi, selon le Premier ministre, recommander à l’Attorney General d’octroyer une compensation aux victimes.

« L’IPCC enquête déjà sur les cas de torture policière et va référer l’affaire aux organismes appropriés. Si nous institutions une commission d’enquête, l’IPCC devra tout stopper. Cela va prendre beaucoup de temps. C’est préférable que l’IPCC continue ses enquêtes. Donc, une commission d’enquête n’est pas justifiée et n’est pas nécessaire dans ce cas-ci », a-t-il déclaré. 

 

Enfin, le Premier ministre a insisté que les actes irresponsables de quelques brebis galeuses ne doivent pas nuire à l’image de toute la force. 

Xavier-Luc Duval a, lors de la séance des questions supplémentaires, demandé que le système de justice bouge vers la condamnation à partir de preuves et non des confessions obtenues grâce à la torture. À quoi le Premier a déclaré que le plus important est que le commissaire de police et le gouvernement ne vont jamais tolérer de tels actes. 

Xavier-Luc Duval a alors demandé à ce que l’amende de Rs 150 000, en cas de condamnation de torture, soit revue. Le Premier ministre a répondu que toute loi doit être revue de temps à autre et s’il y a lieu de le faire sur celle-ci, le gouvernement le fera.  Une question de Xavier-Luc Duval a cependant fait sortir le Premier ministre de ses gonds. Le leader de l’opposition a évoqué une lettre qu’une ONG avait adressée au bureau du Premier ministre sur des actes de torture. « Comment le Premier ministre peut dire qu’il n’était pas au courant alors que son bureau a accusé avis de réception de la lettre ? » s’est interrogé Xavier-Luc Duval. 

Pravind Jugnauth a demandé au leader de l’opposition de vérifier ses informations. Il a indiqué que, primo, la lettre était adressée à l’IPCC et que son bureau n’était qu’en copie. Deuxio, il a effectivement pris connaissance de la lettre le 3 mai. Tertio, il a demandé au Secretary for Home Affairs de confirmer auprès de l’IPCC qu’elle a effectivement obtenu la lettre. Enfin, il a évoqué l’affaire au Commissaire de police qui a répondu qu’une enquête avait été instituée dans cette affaire. « C’était à l’IPCC d’enquêter. Je ne faire pas le suivi en personne. Et dans ce cas, la direction de la police a répondu au responsable de l’ONG qu’une enquête a été instituée », a déclaré Pravind Jugnauth. 

Lorsque Xavier-Luc Duval a posé des questions sur où en est l’enquête sur les vidéos ainsi que sur l’utilisation des tasers, le Premier ministre est encore une fois sorti de ses gonds. Il a d’abord déclaré que c’est ce que l’enquête va déterminer. Puis, il a déclaré qu’il y a d’autres questions à se poser sur cette affaire. « Pourquoi, dans un cas de torture policière, on va voir la police ou l’IPCC ? De plus, pourquoi l’homme de loi (Valayden) n’a rien fait après un mois, 3 mois et 2 ans après avoir remis la clé USB ? A-t-il fallu attendre que Bruneau Laurette enquête pour que cette affaire refasse surface ? Ce sont des aspects à voir aussi », a-t-il affirmé.

Mercredi 15 Juin 2022


1.Posté par Caro le 15/06/2022 21:23
Bien sûr qu il savait !!!
Mentir est son credo!!!
Menteur et hypocrite

2.Posté par Gaius Appuleius Dioclès le 16/06/2022 21:55
S'il ne sait même pas cela, qu'il démissionne comme PM.

3.Posté par Seewoosagur le 17/06/2022 13:47
Sait-il au moins qu'il est PM?

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