Politique

Task Force sur la drogue : cafouillage au niveau de la communication du gouvernement

Samedi 18 Août 2018

Encore une initiative somme toute louable qui fait pschitt à cause d'une mauvaise communication. Quelle est la mission exacte de la Task Force instituée par le comité interministériel chargé d'étudier les recommandations de la commission d'enquête sur la drogue ? Entre ce que le Premier ministre a dit jeudi et les explications de ses ministres par la suite, il y a, comme dirait, un gouffre.


Task Force sur la drogue : cafouillage au niveau de la communication du gouvernement
La Task Force est-elle illégale ? Le Commissaire de police peut-il siéger dans une instance présidée par un nominé politique ? Quel sera le rôle de chacun des membres de Task Force ?

À samedi, le flou subsistait toujours. C'est peut-être l'utilisation du mot « monitoring » qui est à l'origine du cafouillage.

L'idée, au départ, est excellente. Évidemment, initier une enquête sur une personne soupçonnée d'avoir des liens avec des trafiquants de drogue n'est pas chose aisée. Surtout dans le sens que préconise Paul Lam Shang Leen et ses deux assesseurs !  Elle doit comprendre plusieurs volets. Dans cette optique, réunir autour d'une même table les responsables de tous les organismes d'enquête de l'île tient la route.

Sauf que c'est au niveau de la communication que cela a foiré. La première erreur de ne n'avoir pas communiqué en écrit les attributions de la Task Force. Cela aurait évité la confusion.

Mais est-ce que le comité interministériel avait couché sur papier la mission exacte de cette instance avant que le Premier ministre ne démarre sa conférence de presse jeudi ?

La deuxième erreur, plus grave, a été le choix de Navin Beekarry pour présider la fameuse Task Force.

Le gouvernement doit savoir que le directeur général de l'Icac, ne jouissant pas de l'estime de l'opposition, allait attirer sur lui les foudres des différentes formations opposées au gouvernement.

Le plus drôle dans l'histoire, c'est que les dirigeants de l'opposition, qui ne tiennent pas Mario Nobin, le commissaire de police, en odeur de sainteté se retrouvent aujourd'hui à défendre son indépendance. Cela a dû être dur pour certains dans l'opposition de prendre la défense du commissaire de police...

La troisième erreur a été l'utilisation du mot « monitoring » par le Premier ministre. Ce terme signifie « supervision ».

Devait-on comprendre que la Task Force allait chapeauter les différentes enquêtes ? C'est la conclusion à laquelle sont arrivés – c'est très commode – les dirigeants de l'opposition. D'où leurs critiques.

Il est vrai que jeudi, Pravind Jugnauth a ajouté que la Task Force allait coordonner les enquêtes. Mais que faut-il comprendre par coordonner ? Si l'on écoutait un ministre (en l'occurrence Anil Gayan) vendredi à la radio, il était clair que la Task Force aurait, pour dire le moins, un droit de regard sur les enquêtes.

C'est samedi qu'un autre ministre (en l'occurrence Étienne Sinatambou), toujours sur les ondes d'une radio privée, est venu préciser que les différents organismes représentés au sein de la Task Force (Commission anticorruption, Mauritius Revenue Authority, Solicitor-General, Police, Financial Intelligence Unit) mèneraient leur enquête de leur côté  et que l'instance en question n'est qu'une plateforme d'échange d'information.

Mais il était déjà tard. Les allégations d'illégalité ont déjà fusé.

On peut conclure que le gouvernement a voulu temporiser les choses. Mais tant que Navin Beekarry va présider la Task Force, la polémique n'est pas prête de s'estomper.

Rédigé par E. Moris le Samedi 18 Août 2018

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