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Société

[Société] La pandémie fait souffler un nouveau vent politique de Madagascar au Canada


Rédigé par E. Moris le Mardi 17 Août 2021



De nombreux pays dans le monde ont affronté le Covid-19 avec des politiques tragiquement défaillantes. De « petite grippe », cette pandémie est extrêmement difficile à contrôler, et les dirigeants politiques ne représentent qu’une partie de l’équation lorsqu’il s’agit de la gérer.

Alors que certains dirigeants mondiaux, actuels ou sortants, ont fait peu d’efforts pour combattre les flambées de coronavirus dans leur pays, l'Inde a été l'épicentre de la pandémie mondiale. De nombreux Indiens accusent un homme d’être responsable de la tragédie du pays : le Premier ministre Narendra Modi. En janvier 2021, Modi a déclaré lors d’un forum mondial que l’Inde avait « sauvé l’humanité… en contenant efficacement le coronavirus ». En mars, son ministre de la santé a proclamé que la pandémie tirait à sa fin. Modi et d’autres membres de son parti ont organisé des meetings de campagne en plein air avant les élections d’avril et autorisé la tenue d’un festival religieux qui a attire des millions de personnes. Les responsables de la santé publique pensent aujourd’hui que le festival a pu être un événement super-propagateur.

Alors que Modi vantait ses succès l’année dernière, l’Inde — le plus grand fabricant de vaccins au monde — a envoyé plus de 10 millions de doses de vaccins à des pays voisins, dont l'île Maurice. Alors que seulement 1,9 % des 1,3 milliard d’habitants de l’Inde avaient été entièrement vaccinés contre le Covid-19.

Attaqué sur sa gestion de la pandémie, le premier ministre indien a remanié son gouvernement au début du mois de juillet, en rajeunissant et diversifiant son équipe, tout en se débarrassant des ministres controversés de la santé et de la justice. Le premier ministre cherche à reprendre la main, après avoir été sévèrement critiqué pour sa gestion de l’épidémie de Covid-19, pour ses réformes très contestables du droit du travail, de la loi sur la nationalité (dans un esprit antimusulman) et des tarifs agricoles, et pour le climat de répression qui règne dans un pays aujourd’hui considéré comme « une autocratie électorale » par de nombreux organismes internationaux.

A Madagascar, seul le Premier ministre échappe au remaniement ministériel. Tous les ministres du gouvernement de Christian Ntsay sont remerciés. Le président de la République et le Premier ministre ont décidé, conjointement, de procéder à un vaste remaniement ministériel. La priorité est donnée à la lutte contre la hausse des prix. 

Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau convoque des élections anticipées et parie sur le bilan de sa gestion du Covid-19 pour obtenir un renouvellement de son mandat. En tête dans les sondages, le premier ministre a convoqué les électeurs le 20 septembre, avec deux ans d’avance sur le calendrier. 

Désormais candidat à sa propre succession pour un troisième mandat, le premier ministre a justifié  sa démarche par la nécessité démocratique de « donner la parole aux Canadiens en ce moment historique ». Comme d’autres pays, le Canada a annoncé récemment faire face à une quatrième vague épidémique, due au développement du variant Delta, plus contagieux. Le pays a toutefois l’une des meilleures couvertures vaccinales au monde : 71 % des 38 millions de Canadiens ont reçu une première dose et 62 % sont complètement vaccinés. La grande incertitude sera la participation. Une décision qui pourrait  coûter cher à Trudeau en terme de leadership s’il échoue.

Le premier ministre malaisien, Muhyiddin Yassin, et son gouvernement ont démissionné lundi 16 août après dix-sept mois au pouvoir. Ce départ ouvre une nouvelle période d’instabilité politique pour ce pays d’Asie du Sud-Est aux prises avec une résurgence de l’épidémie de Covid-19. Avec 32 millions d’habitants, le pays subit une forte vague de contaminations qu’il peine à contenir, avec plusieurs dizaines de milliers de nouveaux cas chaque jour. Son économie a été mise à mal par les confinements et restrictions imposés par le gouvernement et son échec à maîtriser la propagation du Covid-19. 

Muhyiddin Yassin, qui était arrivé au pouvoir en mars 2020 sans élection, dirigeait un gouvernement de coalition depuis la chute du gouvernement réformiste de Mahathir Mohamad, un vétéran de la politique malaisienne. 

A Maurice, les regards se tournent vers les municipales. Maitre des Horloges, le Premier ministre mauricien, Pravind Jugnauth fait durer le suspense. Bien que la consigne est claire auprès des membres de son parti, labourer le terrain et se faire voir. Après des législatives contestées pour fraude, un début de mandat où deux ministres ont démissionné dans des scandales d'Etat, le chef du gouvernement affaiblit par le manque de confiance de la population fait profil bas. La gestion de la crise sanitaire, comme partout à travers le monde, a aussi montré les failles du système sanitaire, économique et social.

Mardi 17 Août 2021

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