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Un autre regard

Rutnah et Brassens


Rédigé par E. Moris le Dimanche 16 Décembre 2018



Il y a peu de chance que Ravi Rutnah était de ce monde en 1952, lorsque Georges Brassens sortait son tube « La mauvaise réputation » dans l’album éponyme. Pourtant, on pourrait jurer que cette chanson a été écrite pour le bouillant et (des fois) maladroit député du no 7.

Évidemment, ses détracteurs pourraient dire qu’il est en (grande) partie responsable de ses malheurs. N’empêche qu’il y a quelque chose de malsain à hurler avec les loups ou à se rassembler autour du gibier Rutnah pour l’hallali. 

Son intervention sur le projet de loi sur la réforme électorale était évidemment partisane mais étonnement intéressante.

Certes, il y a bien des points sur lesquels attaquer l’orateur – on ne va pas le faire ici car ce n’est pas le sujet –, mais ce que l’on aura finalement retenu de son discours, c’est simplement « zanzanie » et « Francisco François ».

On peut comprendre que les adversaires de Rutnah n’aient pu retenir se retenir de rire, mais que des sites d’infos, qui plus est appartenant à des groupes supposément respectables, gloussent sur ces deux erreurs pour faire de l’audience, la limite de l’indécence semble avoir été franchie. 

Déjà, pour toute personne qui serait davantage habituée à parler anglais que français, dire « zanzanie » au lieu de « zizanie » ne relève pas d’une faute impardonnable ! Mais, c’est pire sur Franco.

Prenez n’importe quelle rédaction et demandez aux journalistes s’ils ont déjà entendu parler de Franco ou de l’Espagne franquiste. Soyons généreux et disons que 20% diront oui.

Demandons alors combien savent que Franco s’appelait (cela ne s’invente pas) Francisco ? En toute honnêteté, si 5% connaissent la réponse, ce serait énorme. Car c’est le genre de question où l’on doit connaitre la réponse ou alors vérifier sur Internet. Ce n’est pas le genre de réponse que l’on peut donner au hasard. 

Pour résumer, il ne s’agit pas d’excuser les erreurs de Ravi Rutnah (en tant qu’élu, il aurait dû faire attention sur ce qu’il dit au Parlement et non faire le pitre) mais de déplorer la couverture de son intervention par certains sites d’infos.

D’autant qu’il faut expliquer la nécessité de préciser le couleur de sa veste et de sa chemise. À moins que cela n’ait été le cas pour tous les élus qui sont intervenus sur le projet de loi. Mais visiblement pas ! 

Dans une époque où l’on constate une floraison de site d’infos en tous genres, ceux appartenant à des institutions de presse prestigieuses auraient dû profiter pour prendre de la hauteur. Mais force est de constater qu’ils s’abaissent au niveau des pâquerettes. 

Pour conclure, comme le chantait si bien Brassens, tout le monde viendra voir le pauvre Rutnah pendu. Même les aveugles de la presse mauricienne !


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