Politique

Quand un "chef religieux" s'invite dans la réforme électorale

Dimanche 9 Décembre 2018

Lors d'une cérémonie organisée par le "Tehreeq Shabbabul Muslimeen" à Port-Louis ce dimanche 9 décembre, le Maulana Haroon s'est invité dans la réforme électorale. Alors que les parlementaires seront appelés à voter demain ou mardi au plus tard.


C'est sous le regard de la classe politique et des membres de la communauté musulmane de tous bords mais aussi du Premier ministre que le Maulana Haroon s'est exprimé, tantôt menaçant, tantôt véhément, en faveur du maintien du Best Loser System.

Celui qui officie à la mosquée Shan-e-Rassool à Plaine-Verte, s'est toujours opposé ouvertement à l’élimination du système de Best Loser (BLS). Le dignitaire religieux trouve que le système proposé pour remplacer le BLS constitue un danger pour toutes les minorités et rendra le pays ingouvernable. Avec la disparition du BLS disparaîtra aussi la stabilité politique dans le pays soutient-il.

Selon le maulana Haroon, un leader qui se sentira fort fera du chantage avec une communauté pour lui proposer un certain nombre de tickets et après les élections, c’est le leader qui décidera qui il va nommer comme ministre. 

Il insiste pour savoir si le système actuel, qui est accepté par la population et qui a fait ses preuves pendant 50 ans, dérange. 

Le "chef religieux", va encore plus loin dans son discours.  Selon lui, les yeux «du monde entier» seront braqués sur le Parlement. "Chaque action, chaque mot prononcé des élus, les Mauriciens de chaque communauté en prendront note. Alors avant de prendre une décision, réfléchissez  bien. Vous devez prendre une décision dans l’avantage de la société et pour la future génération. Je mets tout le monde devant leur responsabilité. Vous devez être conscients."
 
« Soit l'histoire pou atan li plis divan. Soit pou donn li benediction ou soit pas pou pardonne li». 

Qui est ce "chef religieux" qui se veut si influent auprès de la classe politique ?

Selon l'audition de Mahmad Aleem Bocus qui a été entendu par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen, président de la commission d’enquête sur la drogue, c'est le maulana Haroon qui aurait participé à une réunion à laquelle avait participé Me Raouf Gulbul, à Saint-Pierre, pendant la campagne électorale des législatives de 2014.

Une rencontre nocturne à Saint-Pierre, le même soir où le candidat du MSM au no 3, aurait obtenu une somme de Rs 9,7 millions pour financer sa campagne. Le Chairman de l’ICTA avait aussi précisé que deux autres personnes étaient présentes lors de cette rencontre : l’ancien député Mamade Nanhuck et le travailleur social Reza Chamroo. 

Au fil des années, le Maulana Haroon s'est arrangé pour devenir un "intermédiaire" incontournable auprès des hommes politiques.  Notamment auprès des élus de la circonscription no3 (Port-Louis Maritime–Port-Louis Est).

 Si il est connu pour son "influence" auprès de la communauté musulmane, l'homme en 2013, avait été accusé par une femme dans une affaire de mœurs. Selon elle, le religieux lui avait fait des avances et avait évoqué certaines pratiques sexuelles. Suivant cette polémique, il avait abandonné ses fonctions d’imam et de prêcheur. Toutefois, deux ans après, à la "demande" de ses fidèles, il a repris ses fonctions d’imam et de prêcheur.

Pour rappel, en pleine crise de fièvre aphteuse, il a été celui qui s’est battu contre le gouvernement pour que le ministère de l’Agro-industrie accepte de mettre des bovins en vente pour la fête Eid-ul-Adha. Si une partie de la population a salué son geste, d’autres leaders religieux avaient condamné son acte, affirmant que la sécurité nationale aurait dû primer.

 



Rédigé par E. Moris le Dimanche 9 Décembre 2018

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