Portrait satirique

Prem Koonjoo et les dents de la mer

Samedi 30 Juin 2018

Au lendemain de sa Private Notice Question (PNQ) axée sur les fermes aquacoles, adressée au ministère de l’Economie océanique, le leader de l'opposition Xavier-Luc Duval, a réclamé la révocation de Prem Koonjoo. Il affirme que cette révocation "est essentielle pour l’avenir de notre économie et de nos lagons".


En effet, c'est avec beaucoup de difficultés que Prem Koonjoo, ministre de l’Économie océanique, des ressources marines et de la pêche a répondu à une Private Notice Question (PNQ) sur le danger que représentent les requins pour les fermes aquacoles.

Il était comme un débutant face à son premier rencard. Pas préparé, étourdi, maladroit. Il n’a convaincu aucun parlementaire de l’opposition et malgré quelques rires suscités par ses maladresses, le malaise était palpable par tous. 

Alors que le ministre de la Pêche insiste pour dire qu’il n’y a aucun requin dans nos lagons, le leader de l’opposition Xavier-Luc Duval en a profité pour brandir deux photos montrant deux requins (un requin-taureau et un requin-tigre) qui ont été capturés à Grand-Gaube en janvier dernier. 

Ce qui a fait dire Xavier Duval face à la presse le lendemain :

"L'exercice budgétaire a démontré une demi-douzaine de ministres qui n'ont pas leur place au sein d'un gouvernement. Je ne vais pas citer leurs noms pour ne pas les insulter. Ils sont incompétents et ils touchent [chacun] un salaire mensuel de Rs 300 000. Ils ne maîtrisent aucun dossier"

Il n'annonce là rien de nouveau mais il a le mérite de le dire. 

Prem Koonjoo est celui qui a été chassé de la circonscription numéro 5 lors de la dernière campagne électorale pour avoir tenu des propos dénigrants contre une femme en meeting à Triolet.

Jusqu'ici absent et transparent comme l'eau de l'océan qu'il gère comme ministère, on peut se demander pourquoi et comment Koonjoo est devenue "influent" lors des réunions de crise au bureau du Premier ministre.

Premier indice, sa solidarité con-fraternelle qui frise le ridicule. Il dit ne pas être au courant du contenu de la vidéo dans laquelle notre ex ministre Arabie, alias Soodhun, est accusé d'avoir tenu des propos à relent communal lors d'une réunion en juillet dernier. Il est vrai que la solidarité dans la bêtise est une constante au sein de ce gouvernement. 

"En tant que ministre, je dois être solidaire avec lui"

C'est bien ce ministre fortement atteint du syndrome Anil Gayan au sujet de la méritocratie. "Il est diplômé. Est-ce qu’un lien de parenté voudra dire que mon fils ou mon épouse n’auront pas le droit non plus de travailler ou de faire du business ?" Un charabia indigeste pour justifier le projet d’élevage d’huîtres dans la région de Mahébourg au profit de son neveu. Dans une compétition sans égale avec notre Barbara locale et son business de "cocom de mer". Une concession mise à la disposition de la compagnie sans aucun appel public au profit du mari de la députée. 

Ce génie de Koonjoo a également inauguré la Mauritius Oceanography Institute à Albion. Un institut océanographique financé par l'Inde à hauteur de plusieurs millions qui va se retrouver dans un port pétrolier financé toujours par... l'Inde. 

Y'a des matières grises qui ont dû cramer pour valider et développer un tel projet sur une ile qui a tout de même signé les accord de Paris et participé à la Cop21 !

"Un Memorandum of Understanding a été signé entre Maurice et l'Inde en ce sens" ,dixit notre Prem Koonjoo.

Mieux. À tous les détracteurs qui s'indignent de l'omniprésence de l'Inde sur terre comme sur mer, il a parlé de India bashing.

Un mot très tendance quand on veut éviter les accusations. Tout ramener au communautarisme, c'est la meilleure ligne de défense.

Rédigé par E. Moris le Samedi 30 Juin 2018

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