Politique

Pravind Jugnauth, un barbare ?

Samedi 27 Octobre 2018

Quand il s’agit de juger une personne pour un crime dont elle est accusée d’avoir commis, il nous faut déposer notre moral au pas de la porte du tribunal, et y laisser entrer le droit, et seulement le droit ! 

C’est là la seule distinction entre un Etat de droit et un pays barbare.

Quand on entend un Premier ministre, le premier des garants de cet Etat de droit, commenter la mort d’un garçon et laisser entendre que l’accusé ne mérite plus de vivre sur cette terre, on peut y voir un lien de causalité entre cette déclaration et les gens qui ont voulu lyncher l’accusé lors d’une reconstitution des circonstances du drame. De même qu’on peut y voir un lien avec les brigades de surveillance créées suites à des cas de vol avec violence dans certains quartiers de Port-Louis.

Une telle situation délétère prend en grippe tout Etat de droit, dès lors que certains pensent qu’ils peuvent tout dire, quand d’autres sont convaincus de pouvoir tout faire. La passion, la moral prennent le pas, la délation est devenue monnaie courante avec les réseaux sociaux, les premières victimes étant les policiers et les avocats.

Alors que le père, maintes fois Premier ministre, n’a jamais caché son envie de réintroduire la peine de mort, le fils, devenu Premier ministre par supercherie, avocat de formation, semble avoir oublié un des principes sacro-saints d’une démocratie : la séparation des pouvoirs ! 

Juger un accusé avant même le début de son procès, avant même les débats contradictoires, avant même l’énoncé d’une peine, si cela vient d’un homme de la rue on peut y voir un manque de connaissances juridiques. Mais quand ça vient d’un avocat de formation, et de surcroît un Premier ministre, il y a violation de la séparation des pouvoirs. Dans la mesure où un membre de l’exécutif, à travers son discours, met la pression sur le pouvoir judiciaire, qui doit être indépendant.

Surtout que ce même Premier ministre et avocat de formation est lui-même présumé innocent dans l’affaire MedPoint, tant que sa culpabilité n’a pas été légalement démontrée !

Rédigé par E. Moris le Samedi 27 Octobre 2018

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