Menu


Un autre regard

Pourquoi le Media Trust Awards Night est une imposture


Rédigé par E. Moris le Dimanche 10 Février 2019

La profession fait fort. S’il fallait une illustration de ce qu’est le niveau dans le pays, en voilà une. Même pas un prix consolation craz-crazé !



On parle là du prestigieux prix Nicolas Lambert qui est censé récompenser la crème de la crème du journalisme durant l'année écoulée et qui n'a eu aucun gagnant. Aucun prix n’a été décerné non plus dans ces catégories et pas des moindres : Production radiophonique, Photo, Caricature. 

Le Media Trust Awards Night 2018 s'est déroulé sous forme de soirée de gala, présidée par Christina Chan-Meetoo. Une chargée de cours en communication à l'Université de Maurice, (épouse de Avinash Meetoo – Président du conseil d’administration de l’ICT Advisory Committee – Fils de Rouma Meetoo, ex-maire de Quatre-Bornes et ancien ambassadeur de France) qui est invitée sur tous les plateaux radios en tant qu'observatrice, experte ou professionnelle sur le sujet. 

La présidente du jury a relevé des manquements dans certains articles qui ont été soumis pour le concours. 90 participants dont la plupart des dossiers n'étaient pas valides. Il aurait été de bon ton, que les membres du Media trust vérifient et contre-vérifient les dossiers afin que cette soirée ne tourne à la farce ! 

Les membres du Média trust. Qui sont-ils ? 

Suite aux "élections démocratiques" ce sont Emile, Gungea, Moonien et Bhuckory qui représentent les journalistes au board du Media Trust, tous du Défi Media Group.

Mais relativisons sur cette élection, sur une liste de 527 journalistes détenteurs d’une carte de presse, seuls 154 journalistes se sont déplacés pour élire leurs représentants sur le board du Media Trust. 

D’ordinaire, les journalistes doivent également élire deux représentants des rédacteurs en chef au Media Trust. Toutefois, Jean-Luc Emile et Manouraj Gungea étant les seuls candidats dans cette catégorie, ils ont été élus d’office... 

Quand au président de l’institution, c'est le Premier ministre qui a fait son choix, tout comme ce fut le cas pour Lindsay Rivière (un nominé politique qui n'a pas hésité à placer quelques mois à peine après sa nomination dans les kiosques son magazine politique et s'est fait décoré par l'ancienne Présidente de la République) et Jacques Maunick (le frère de la belle-mère du Premier ministre).  le Chairman du Media Trust, Chayman Surajbali n'est nul autre que l'ancien directeur du Government Information Service !  

Installé et nommé un ancien fonctionnaire du Government Information Service à la tête d’une institution qui s’occupe des journalistes, c'est du génie, tout comme l’absence de réactions du corps journalistique qui laisse faire.  

Les quatre journalistes du Défi Media ont donc accepté de siéger avec les représentants du gouvernement pour s'occuper de la formation des journalistes. 

Quand on voit le résultat de la soirée de gala, il y a de quoi se faire du souci. On espère tout comme leurs illustres prédécesseurs qu'en tant que membre du Média trust, ils auront droit à une formation tous frais payés durant un mois par l'ambassade des Etats-Unis, qui est très impliquée à "former" les journalistes a priori déjà "confirmés"

A cette soirée de gala, était invité également, l’ambassadeur de France à Maurice, en compagnie du président de la République par interim Barlen Vyapoory mais aussi Avinash Meetoo, Président du conseil d’administration de l’ICT Advisory Committee – Fils de Rouma Meetoo, ex-maire de Quatre-Bornes, Karishma Beeharry-Moher, responsable de communication de Mauritius Telecom et le CEO de Mauritius Telecom, Sherry Singh, un intime du clan Jugnauth. Mauritius Telecom étant nul autre le principal annonceur d'une plateforme en ligne pro gouvernementale. 

Karishma Beeharry-Mohe est une ancienne journaliste météo à la MBC, Radio One et Radio Plus, qui a lancé sa boîte de communication. Une position qui lui a ouvert les portes de la MBC où elle avait obtenu plusieurs contrats publicitaires. Elle a été récompensée pour la présentation du WEBTV du MSM durant la campagne électorale.  

Ces nominations avaient été promises lors de la réunion du comité central du MSM, le 31 janvier dernier. Pravind Jugnauth avait, en effet, demandé à « ceux qui attendent une nomination de faire preuve de patience », non sans avoir également laissé entendre que ceux qui sont restés fidèles au MSM au fil des années ne seront pas oubliés et qu’il auront « la priorité lors des nominations. »

Une soirée qui a connu son plus grand flop de l'année n'a eu droit à aucune remise en question de la part des journalistes. Il n'en reste pas moins que lorsqu'on s'amuse avec l'argent des contribuables, il y a tout de même un énorme hic d'organiser une soirée sans prix ou presque ! 

Ce qui fait dire qu'à Maurice, le journalisme c'est la médiocrité sans complexe !
 


Nouveau commentaire :

Règles communautaires

Nous rappelons qu’aucun commentaire profane, raciste, sexiste, homophobe, obscène, relatif à l’intolérance religieuse, à la haine ou comportant des propos incendiaires ne sera toléré. Le droit à la liberté d’expression est important, mais il doit être exercé dans les limites légales de la discussion. Tout commentaire qui ne respecte pas ces critères sera supprimé sans préavis.