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International

Pour ses activités à l’île Maurice : un ex-espion français jugé pour trahison au profit de la Chine


Rédigé par E. Moris le Mardi 7 Juillet 2020

Deux anciens agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) soupçonnés d’avoir livré des informations à la Chine seront jugés à Paris par une Cour d’assises spécialisée en matière militaire.



La Cour d'assises spécialisée en matière militaire va auditionner une douzaine de témoins et juger, deux prévenus, anciens agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Henri M. et Pierre-Marie H., qui sont soupçonnés de trahison au profit de la Chine.

Deux agents de la DGSE, pour le compte de Pékin

Les deux hommes ont été mis en examen pour plusieurs motifs dont celui de "livraison à une puissance étrangère d'informations portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation". S’ils ne sont pas les premiers à être visés par de telles accusations, cela reste rare en France. 

Le procès, devant la cour d’assises spécialisée en matière militaire de Paris, est rarissime et la publicité qui en sera faite vise probablement à en faire un exemple afin de dissuader ceux qui pourraient céder à la tentation d’imiter les accusés.

Pierre-Marie H. et Henri M., deux ex-agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), mis en examen en décembre 2017 pour intelligence avec une puissance étrangère, sont soupçonnés de trahison au profit de la Chine. Révélée par la presse, l’information sur leur mise en examen et leur arrestation a été confirmée partiellement en mai 2018 par le ministère des Armées et des sources judiciaires françaises. Leur procès devant la cour d’assises spéciale de Paris s’ouvre lundi.

Pour rappel, cette affaire fut révélée en mai 2018 par le quotidien Le Monde et l’émission télévisée « Quotidien », puis confirmée par le ministère des Armées. 

Henri M., 74 ans, nommé chef de poste à Pékin en 1997, a entretenu une relation avec une interprète chinoise de l’ambassade française, soupçonnée de collaborer avec le Ministère de la sécurité de l'État (MSE) ou Guoanbu, le plus puissant service de renseignement chinois. Une liaison qui passe mal selon les révélations de Franck Renaud, dans le livre Les diplomates paru en 2020, pour celui qui supervise alors les opérations de la DGSE en Chine.

Rencontres secrètes 

Henri M. rentre en France, puis quitte le service. Il repart alors en Chine où il se marie en 2004 avec la même interprète. Le couple s'installe sur l'île de Hainan (Sud de la Chine) et ouvre un restaurant. Mais les ponts sont alors loin d'être coupés entre l'ex espion et son ancienne maison. Certains tentent l'hypothèse qu'Henri M. ait pu être un agent double piloté par la DGSE. Le ministère (des Armées) est persuadé qu'il a livré au MSE des informations sur l'organisation de la DGSE en Chine. 

L'autre ancien agent renvoyé devant la Cour d'assises spéciale est Pierre-Marie H., 68 ans. 

Passé aussi par le contre-espionnage, il a créé avec son épouse une société de conseil en 2016, quelques mois avant son départ à la retraite. Selon Valeurs actuelles, Pierre-Marie H., aurait été arrêté mi-décembre 2017, "au cours d’un banal contrôle des douanes à l’aéroport de Zurich avec une valise contenant plus de 25.000 euros en liquide".

L'hebdomadaire Challenges affirme que l'ancien agent collaborait avec les services chinois et qu'il retrouvait plusieurs fois par an son officier traitant à l’île Maurice.

Les anciens agents ont été mis en examen et placés en détention provisoire en décembre 2017, alors qu’ils étaient déjà à la retraite. Ces deux hommes, qui se sont côtoyés au contre-espionnage à la DGSE, risquent 15 ans de prison. Le verdict doit être prononcé le 10 juillet prochain.

Mardi 7 Juillet 2020

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