Société

Où en est l’Alliance Lepep après 4 ans de pouvoir ?

Mardi 11 Décembre 2018

Aujourd’hui 11 décembre, cela fait 4 ans, jour pour jour, que l’Alliance Lepep, contre toute attente au départ, a accédé au pouvoir.


Qu’en a-t-il fait ? D’ailleurs, peut-on encore l’appeler l’Alliance Lepep ? Car ce n’est plus l’alliance MSM-PMSD-ML qui dirige le pays, mais l’alliance MSM-ML. Le PMSD, l’une de ses principales composantes, a quitté le navire en cours de route. 

De plus, ce n’est plus sir Anerood Jugnauth, désigné pour diriger le pays en 2014, qui est aux affaires. Il a laissé le guidon, le gouvernail dirait l’autre, à son fils Pravind. Ce n’est un secret pour personne que cela n’avait pas été plébiscité par l’électorat. C’est à se demander si SAJ y avait même pensé à l’époque. Mais passons ! 

Dès son accession au pouvoir, l’Alliance Lepep s’était attelée à la concrétisation de certaines promesses faites durant la campagne électorale. Plusieurs parmi les « priorités » de son manifeste électoral ont été réalisées jusqu’ici.

Parmi, l’on peut citer le salaire minimum, l'augmentation de la pension de vieillesse, l'abolition du permis à points, l'institution d'une commission d'enquête sur la drogue, le wifi gratuit dans les lieux publics ou la syndicalisation des policiers.

Cependant, parmi les promesses oubliées, ou plutôt pas encore tenues jusqu’ici, on note la télévision privée, une distribution d'eau sur une base 24/7 et une Freedom of Information Act…

Évidemment, quelques mesures populaires ont été prises et applaudies par la population. Par exemple, la Negative Income Tax et la baisse du prix du gaz ménager. 

Cependant, et c’est ce que l’on retient davantage de ce gouvernement, il a beaucoup été question de scandales et dérapages. Cela a d’ailleurs débouché sur plusieurs démissions au sein même du Conseil des ministres.

L’ancien ministre Raj Dayal a été ‘Sali’ par l’affaire des Bal Kouler. L’ancien ministre Showkutally Soodhun, après avoir accumulé les gaffes, a fini par devoir abandonner son poste à cause de propos malheureux. Il a été trahi, comme souvent, par sa langue.

L’Attorney General Ravi Yerrigadoo n’a pas réussi le pari de sortir indemne de l’affaire Bet 365. La ministre Roubina Jadoo-Jaunboccus et le Deputy Sanjeev Teeluckdharry ont été ‘englués’ dans les conclusions de la Commission d’enquête sur la drogue. La langue de Kalyan Tarolah a failli avoir des conséquences désastreuses. Et là, l’on ne compte pas les péripéties de Sudhir Sesungkur et d’Anil Gayan ! 

Seule défense que pourra brandir Pravind Jugnauth : à l’heure où il constituait son équipe, personne ne pouvait imaginer que l’alliance PTr-MMM pouvait être battue. Donc, les joueurs de premier plan ne se pressaient pas aux portes du Sun Trust (siège du MSM) et de La Caverne (domicile de SAJ). Il fallait composer avec ce qu’il y avait sous la main, c’est-à-dire dans certains des hommes au parcours sinueux.

Ce qualificatif de « ramassis united » utilisé par Paul Bérenger était bien trouvé. L’Alliance Lepep n’était pas faite pour diriger un pays. 

C’est ce qui explique les nombreuses périodes d’instabilité qu’a connues le gouvernement. Pour preuve, l’identité du Deputy Speaker a changé à 4 reprises (Adrien Duval, Sanjeev Teeluckdharry, Bobby Hurreeram et Joe Lesjongard). Un gouvernement fragilisé aussi, il faut le reconnaître, par les départs du PMSD et de Roshi Bhadain du gouvernement. 

Face au déluge de mauvaises notes, Pravind Jugnauth aura comme bouclier le chantier qu’est devenu le pays avec l’avènement prochain du Metro Express, la mise sur pied d’une commission d’enquête contre la drogue et le fait d’être venu avec un projet de loi sur la réforme électorale.

Mais pour l’instant, le projet de loi  n’a aucune chance d’être adopté par l’Assemblée nationale, la Commission d’enquête a fait beaucoup de dégâts au sein même de son parti et, pour l’instant, les Mauriciens n’ont connu que les inconvénients du Metro Express. 

Mais n’allons pas pinailler sur des détails. Pravind Jugnauth a pris un pari risqué en accédant au poste de Premier ministre au milieu du mandat actuel, avec l’équipe à sa disposition. A-t-il eu raison de le faire ?

Nous le saurons bien avant décembre 2019, lorsque l’Assemblée nationale sera automatiquement dissoute !

Rédigé par E. Moris le Mardi 11 Décembre 2018

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