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Opinion

[Opinion] « What's good for the goose is good for the gander »


Rédigé par E. Moris le Dimanche 15 Novembre 2020



Monsieur grande gueule, ou belle gueule dépendant, n'est plus ! L'arrogance demeure certes. L'intelligence aussi. Mais le Ivan que l'express nous a servis en interview dans sa livraison de samedi n'est qu'une demie portion de celui qui a été surnommé Le Terrible. 

On en arrive même à avoir de la peine pour le leader fantasmagorique du fantomatique Muvman Liberater. Et ce, qu'on le regarde ou pas dans le blanc des yeux ! 

Voilà un homme révoqué sur une question de principes. « Quand ton nom est cité dans un rapport, tu dois démissionner ! » Un onzième commandement gravé sur une pierre à l'intérieur de la Centrale Saint Louis où Pravind Jugnauth espère incinérer Paul Bérenger politiquement, quitte à ce que le pauvre Ivan Collendavelloo, en victime collatérale, y repose aussi ! 

Donc, voilà Ivan Collendavelloo, sacrifié sur une question de principes, qui se retrouve en situation de défendre son bourreau, son tortionnaire. « Pour lui, c'est différent. Il est Premier ministre et seule l'Assemblée nationale peut le révoquer », affirme d'une toute voix toute fluette celui qui, jadis, était considéré comme un ténor pouvait faire trembler les murs avec ses cordes vocales. 

Non monsieur ! On ne devrait pas transiger sur les principes. « What's good for the goose is good for the gander », dit l'Anglais, qu'on pourrait traduire par « Ce qui vaut pour l'un vaut aussi pour l'autre ». Le drame d'Ivan c'est qu'il n'est pas atteint du syndrome de Stockholm, mais de celui maroquin ministériel. C'est plus vicieux, plus terrible ! Et cela fait dire davantage de conneries !

Mais tout n'est pas perdu ! Car l'actualité nous montre que Pravind Jugnauth n'est vraiment pas gâté par le sort. Surtout en ce moment. Il a tout de même gagné les législatives against all odds, diraient certains avec raison. Mais depuis cette victoire, c'est un déferlement de mauvaises nouvelles. Racine dirait que c'est une victoire à la Pyrrhus ! 

La preuve, alors qu'il s'enorgueillissait d'être « le seul pays au monde » à être Covid Free ou Covid Safe, voilà qu'un cas atypique vient briser d'un seul coup ce beau slogan. Et l'ironie veut qu'au moment où toutes les rédactions cherchaient à confirmer les rumeurs d'un cas de transmission locale, le Premier ministre, à Saint Pierre, entonnait son refrain préféré. 

À tel point, souligne l'observateur attentif Suttyhudeo Tengur, la MBC a dû censurer une partie de son discours.

Alors que, sur les radios, ce fameux jeudi noir, on a entendu le Premier ministre, tel un avatar de Trump, se présenter en ténor face au nouveau coronavirus. Un pays libéré depuis belle lurette de la Covid-19 est au coeur de la stratégie du gouvernement pour convaincre des étrangers riches, vieux, craintifs ou les trois à la fois de s'installer à Maurice. Mais ne voilà-t-il pas que le joli projet fout le camp, que la belle photo se déchire ! Si d'autres cas de transmission locale se confirment, le gouvernement se retrouve dans une merdouille totale ! 

Et dans cette optique, le terme « atypique », servi à tout bout de champ par les trois dokter poules du gouvernement, Catherine Gaud, Zouberr Joomaye et Kailesh Jugutpal, fait rigoler.

Il faudrait se poser des questions, et les bonnes, concernant les tests. Car jusqu’ici, personne n'a pu expliquer comment quelqu'un, testé positif une première fois, a pu quitter l'hôpital ENT après deux tests négatifs mais avait toujours le virus. À tel point qu'il a pu contaminer son fils ! Est-ce que le personnel a fait preuve de négligence concernant les tests ? Ont-ils été effectués correctement ? Sont-ils toujours fiables ? 

La doctoresse Catherine Gaud, celle dont le cahier des charges ressemble à celle de Superwoman, ne répond pas à ces questions.

Elle explique, dans des déclarations de presse, que dans ce cas précis, les résidus étaient encore vivants. Alors que, concernant le cas d'un patient guéri mais testé positif par la suite, elle avait dit que certains patients avaient toujours des résidus morts qui réagissaient aux tests mais qui ne permettait pas de contaminer autrui. Voilà qu'elle change d'argument ! 

Le capital confiance que la Réunionnaise, mariée à un Mauricien, avait au départ, parce que venant de l'étranger et perçue (à tort ou à raison) comme ayant une certaine compétence, s'est beaucoup érodée en quelques mois. La couche restante est très fine. Et à Maurice, il arrive que les experts étrangers soient débarqués très rapidement par le même gouvernement qui les a engagés une fois qu'ils ne sont plus l'unanimité. Surtout que, dans son cas, elle est davantage contestée dans son propre pays que chez nous. Jusque-là du moins !

Dimanche 15 Novembre 2020