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Culture

[Opinion] Rajcoomar Rampertab, l'homme derrière la censure d'un tableau artistique et une paire de seins nus


Rédigé par E. Moris le Dimanche 22 Mai 2022

Porte ma couleur partisane et tu seras généreusement payé en retour. Cette dérive démocratique révèle les dessous d'une République des copains où règnent en maîtres les petits arrangements entre amis.



Elles sont loin les belles promesses ! «Nous gouvernerons pour le peuple, avec le peuple et dans l’intérêt de toute la Nation, pas pour nous, ni pour un petit groupe d’amis, d’agents politiques, des copains et des copines.» Ou encore : «Nous allons mettre en place un comité spécial pour mettre fin aux nominations inadaptées aux postes importants. Nous éliminerons les gaspillages.»

Depuis 2014, avec le régime des Jugnauth, de père en fils, les nominations pleuvent pour les proches du pouvoir. La compétence comme seul critère ? Le talent comme unique motif de nomination ? La vertu comme CV ? On aimerait le croire dans l'attribution des postes-clefs du pouvoir. On aimerait rêver que toutes ces personnes soient uniquement choisies selon leurs aptitudes et qualités. On aimerait... mais on se berce d'illusions. Quand on voit comment nombre de nominations se font, le pays risque de battre le triste record des nominations politiques.

C'est ainsi que Avinash Teeluck, le petit inculte placé au ministère de la Culture, qui s'occupe et se préoccupent plus de religion que des arts et de la culture, le Président du Hindutva et ancien Président de la Mauritius Sanathan Dharma Temples’ Federation, Somduth Duthumun, qui rappelons avait déclaré que «Pravind Jugnauth est un peu le Modi mauricien», qui siège déjà au sein du conseil d’administration de la DBM, a été nommé président du «board» du Mauritius Museums Council. C'est une nouvelle fois la déception de voir la religion empiété dans les affaires de l'État, le découragement auprès des jeunes qui ont consacré leur temps et leurs ressources à des domaines d'études liés à l'histoire, la conservation du patrimoine ou le tourisme culturel, pour lesquels il n'y a pratiquement aucune opportunité d'emploi.

Le 15 septembre 2021, Rajcoomar Rampertab, Parliamentary Private Secretary (PPS) de 2014 à 2019, membre du MSM, nommé directeur général du Mahatma Gandhi Institute (MGI) et du Rabindranath Tagore Institute (RTI) et qui a succédé à la brillante et talentueuse Soorya Gayan, a frappé fort pour la réouverture de la 39e éditiion du Salon de Mai au Mahatma Gandi Institute (MGI).

L'exposition du Salon de mai au MGI, qui avait pour ambition de montrer chaque année un panorama de la création mauricienne en invitant tous les artistes à y participer, qu’ils soient ou non liés au MGI, vient de créer un fait sans précédent en censurant une artiste. Sous le thème 'New beginnings', l'artiste Palvishee Jeewon, et son autoportrait The rise of Women Power, a tout simplement fait l'objet de censure pour avoir dévoilé une paire de seins nus.

Devra-t-on bientôt enlever les innombrables nus de l’histoire de la peinture ? Botticelli, Goya, Degas, Braque, Picasso, et tant d’autres verront- ils eux aussi leurs oeuvres censurées ? La question est de savoir si l’art peut être censuré sur des fonds publiques. 

[Opinion] Rajcoomar Rampertab, l'homme derrière la censure d'un tableau artistique et une paire de seins nus

Dimanche 22 Mai 2022

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