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Opinion

[Opinion] Quand le gouvernement MSM cumule crapulerie et incompétence


Rédigé par E. Moris le Mardi 23 Novembre 2021



L'île Maurice continue sa descente aux enfers dans une crise sanitaire sans précédent liée à la pandémie du Covid-19.

Si certains pays se relèvent tout doucement de la gestion d'une crise planétaire, d'autres continuent de plonger inexorablement dans un abysse d'incertitudes. Deux confinements et près de deux ans plus tard, Maurice est à bout de souffle. L'ancien Premier ministre Sir Aneerood Jugnauth a cédé sa place, de son vivant, à son héritier, Pravind Jugnauth, qui accumule un deuxième mandat avec des pétitions électorales pour fraude et corruption. Et bien malin qui peut affirmer si il fait honneur à l'héritage politique familial.

L'histoire aurait pu en rester à la, si ce n'est que de plus en plus d’escrocs et d’incapables ont accédé au pouvoir sous son règne. Obligé de démissionner, le ministre du Commerce Yogida Sawmyaden est impliqué dans une affaire criminelle. Entre-temps, en "congé politique", il vivote aux frais des contribuables, renouvelant sa berline pour une plus grosse cylindrée. 

Si, en matière de gouvernants, il a de tout temps existé des escrocs ou des incompétents, la criminalité a atteint ces dernières années des niveaux dignes des tyrans. Et les conséquences de l’inaptitude de tels dirigeants sont aujourd’hui aggravées par les enjeux et défis planétaires.

Il n’est plus simplement question de corruption ou d'incompétence traditionnelle. Celle, par exemple, du ministre qui perçoit une rétrocommission, ou qui attribue directement à un proche un marché public pour des travaux de construction routière. Lorsqu’un cancre se hisse à la fonction de Speaker de l'assemblée nationale d’un pays, pour le remplacer en son absence, à la grande surprise de tous, il est applaudit en comparaison à la piètre performance de l'autre. Des situations absurdes qui démontrent à quel point le pays est contraint de se contenter de peu.

Le ministre de la Santé accusé d'incompétence criminelle, s'accroche au pouvoir grâce au soutien indéfectible de son patron, qui trouve qu'il fait du bon travail. 

Ailleurs alors que les chefs du gouvernement se séparent les uns après les autres de leur ministre de la Santé, à Maurice, c'est tout le contraire, ceci malgré des négligences causant la vie humaine. C’est un système qui bénéficie de la complicité du haut de la pyramide du pouvoir. Le bien commun et les besoins de la population sont des finalités accessoires qui ne méritent leur attention que lorsqu’elles sont au service de leur priorité: accroître leur fortune et conserver les rênes de l’État.

La kakistocratie (le plus mauvais gouvernement) MSM, prolifère dans les sphères politiques qui éconduisent les vrais talents et ouvrent la voie aux individus de la pire espèce. Un exemple éloquent, c'est la place des jeunes députées dans le clan de Pravind Jugnauth. Elles sont réduites à être des marionnettes téléguidées, telles les Joanne Tour, Subashnee Lutchmun-Roy ou Sandra Mayotte, douées pour passer les plats de Lakwisin et cacher leur incompétence. Cela passe par de grands discours idéologiques ainsi que des invectives contre leurs adversaires, mais en réalité ce sont nous, citoyens, qui en faisons les frais.

Malgré l’urgence d’une situation aggravée par les conséquences de la pandémie de coronavirus, l'opposition est aussi très critiquée. Au lieu de s’entendre pour former une opposition unie pour sauver ce qui peut être encore sauvé, les responsables restent obsédés par des questions d’ego et de préséance et pensent toujours aux élections à venir au lieu de se préoccuper des générations à venir.

Un marchandage politique basé sur le confessionnalisme qui prédomine avec une situation de blocage qui risque de perdurer en raison de plusieurs facteurs internationaux liés aux parrains étrangers des différentes forces politiques qu’ils soient indiens ou autres. A ce jour, aucune opposition avec une vision claire et un leadership assumé n’a encore émergé pour pouvoir assurer une relève. C’est cela qui est particulièrement inquiétant et c’est ce qui enferme les Mauriciens dans une sorte de colère sourde qui peut, se transformer en explosion de violences. Car il n’est pas exclu que la situation ne s’envenime et que l’on assiste, à mesure que les conditions de vie se dégradent, à des dérapages dans les semaines qui viennent.  

Mardi 23 Novembre 2021