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Un autre regard

[Opinion] On nage en plein délire


Rédigé par E. Moris le Samedi 4 Avril 2020

« Le pire n’est pas la méchanceté des gens mauvais mais le silence des gens biens », avait un jour dit le journaliste burkinabé Norbert Zongo, qui avait sûrement repris cette phrase du Mahatma qui avait, lui, dit : « Ce qui me fait peur ce n'est pas la méchanceté des méchants mais le silence des justes. »



En conférence de presse ce samedi, le Premier ministre, tel Ponce Pilate en début de Semaine Sainte, a pris ses distances de la décision de l’IBA de suspendre la licence d’une radio pour deux jours. « L’IBA a décidé de sanctionner une radio… je n’ai rien à ajouter », a-t-il déclaré en substance. 

Pourtant, sous plusieurs aspects, il aurait dû commenter l’affaire. Parce que, primo, à part Pravind Jugnauth aujourd’hui, personne ne va croire que l’IBA est réellement indépendante. D’ailleurs, même Pravind Jugnauth va jurer sur tous les dieux, de toutes les mythologies, que l’IBA n’est pas indépendant s’il retourne dans l’opposition. 

Deuxio, cette décision met à mal sa mission d’unir toute la population « comme un seul homme » dans le combat contre le Covid-19.

Même sa relation fusionnelle de ces derniers temps avec le consensuel leader de l’opposition semble s’être effritée sur le sujet. Et ne parlons pas des réactions sur les réseaux sociaux !

Tertio, il faut vraiment être bête pour prendre une telle décision à un moment où les internautes les plus prolifiques n’ont pas grand-chose à faire que de laisser des commentaires sur les réseaux sociaux. 

La famille Kennedy, dont le patriarche fricotait allègrement avec des mafieux de tous genres, estimait que le beau John Fitzgerald ne devait pas être informé des affaires de la cuisine interne. JFK devait, le terme avait été utilisé, être aussi innocent qu’un bébé qui vient de naître pour être totalement sincère s’il avait à dire qu’il « n’était pas au courant » dans l’éventualité que les choses tournent mal. À se demander si, à Maurice… (complétez l’idée). 

Mais oublions Top FM !

Oublions aussi que c’est pour une histoire de compte-rendu sur une PNQ du 6 août 2019 – oui, août 2019, vous avez bien lu – que la sanction est appliquée ! Oublions aussi que, comme beaucoup l’ont souligné ailleurs, l’IBA est victime, partie, procureur, juge et bourreau dans cette histoire ! Oublions aussi que cette décision intervient à un moment où l’accès à la justice est plus compliqué, compte tenu du confinement et du couvre-feu ! Oublions enfin que la décision a été prise un vendredi, ou plutôt communiquée un vendredi après-midi, pour être appliquée dès le lendemain matin, à 6 heures ! 

Si tous ces détails vous gênent un petit peu, alors vous devez vous réjouir de ne pas penser comme l’ami Nilen Vencadasmy.

Comme à son habitude, notre ami avocat (en plus) est toujours prêt à se ruer sur un clavier pour faire un post… autrefois pour dire par exemple que Collendavelloo « est celui qui a perdu le plus de crédibilité depuis qu’il ministre » mais aujourd’hui pour expliquer/défendre/justifier une décision – pour beaucoup absurde - du gouvernement.

Mais voilà un autre argument qui aurait dû gêner l’avocat du gouvernement (au figuré évidemment) Vencadasmy mais aussi tous les avocats du gouvernement !

N’y a-t-il pas quelque chose de bizarre si le board de lIBA se réunit en période de confinement et de crise sanitaire pour décider d’une sanction pour une supposée faute commise en août 2019 ? Cela, alors que même qu’il est demandé à ceux qui sont en liberté sous caution de ne pas se présenter au poste de police ! 

Oublions que le chairman de l’IBA (Bhooneswar Rajkumarsingh) est un « colleur l’affiches », même si éduqué ! Oublions que sur le board siège Sachin Jootun, davantage clown du roi qu’expert en cinéma, Sohun Neerunhun et Anirood Pursunon ! Oublions aussi que Me Dick Ng Sui Wa, qui a autant de casseroles aux fesses qu’une carrosse de nouveaux mariés, siège aussi sur le board et que Sachin Jootun et lui sont des nominés du pouvoir du jour !

Oublions également que trois hauts fonctionnaires, Satyanand Aujeet, Permanent Secretaty au PMO, Marie Anne Janick Jaunbocus, Permanent Secretary au ministère des Arts et de la Culture et Kushmunda Fulena-Boodhoo, Principal Information Officer au PMO, sont là pour exécuter les directives de leurs patrons respectifs, c’est-à-dire le ministre de tutelle !

Intéressons-nous à Dheeren Dabee, Solicitor General.

Force est de constater que le conseiller légal en chef du gouvernement – d’autant que l’Attorney General Maneesh Gobin est un part-timer à ce poste, s’occupant surtout de l’Agro-industrie – n’a rien de plus important à faire en période de confinement que décider de la suspension du permis d’une radio.

Navin Ramgoolam a donc raison de dire que le gouvernement était mal conseillé sur le plan légal s’il a laissé le soin au Speaker de décider que le Parlement ne devait pas reprendre ! Ben oui, le conseiller légal du gouvernement s’occupe des médias… 
Il y a quelque chose de pourri au royaume de Pravind !!!!


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