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Société

[Opinion] Les prédateurs de la presse à Maurice


Rédigé par E. Moris le Dimanche 3 Mai 2020

"Toutes les opinions, fussent-elles monstrueuses, doivent pouvoir se faire entendre." -Denis Gombert



En ce jour de liberté de la presse, la rédaction de Zinfos Moris fait un état de la presse à Maurice. Le fait est que notre liberté d’expression, pilier de toute démocratie, est plus que jamais menacée. Au lieu de la défendre et de faire leur métier, certains journalistes s’en accommodent, avec une lâcheté déconcertante.

Les sujets dit "sensibles" sont  légèrement évoqués dans la presse traditionnelle, toujours dans un souci d'infantiliser bien trop souvent les citoyens. 

Le choix éditorial de Zinfos Moris bouscule les codes et dépoussière le politiquement correcte et la censure des biens-pensants. 

Les dossiers consacrés aux radicaux islamiques, les coulisses des pentecôtistes qui réclament à leur tour un statut de religion ou encore la publication des photos d'un kalimaye saccagé font réagir. Tout comme nous n'avons pas eu recours a des subterfuges dangereux de groupuscules socio culturelles pour publier la photo de l'épouse du Premier ministre et le CEO de Mauritius Telecom, ou de l'ancienne maîtresse d'un Premier ministre qui avaient par ailleurs fait le tour du web.

En ce jour de la liberté de la presse, est-il normal que les médias qui ont acquis la liberté d'expression, deviennent à leur tour des censeurs de la démocratie ?

Les détracteurs du politiquement correct servent de ce vocable pour revendiquer une bonne conscience. Au nom de  bons sentiments, ils ont inscrit leur propre loi et ne tolèrent pas que certaines informations soient dévoilées.  Au point qu'il devient légitime de s'interroger : est-il encore permis, à Maurice de penser et de débattre librement ? Faut-il "criminaliser, stigmatiser, interdire" certaines opinions ? Tout doit pouvoir être discuté. Les Mauriciens sont adultes. Il faut en finir avec cette caporalisation de la pensée.

«Désolé, bergère, j'aime pas les moutons!» chantait Jacques Brel, qui, toute sa vie, a fui le troupeau.

La starisation à outrance des petites vedettes où l'information ne devient plus qu'un accessoire à sa propre gloire, c'est le fléau d'une certaine presse en ligne, qui d'ailleurs n'arrive pas à survivre financièrement à la moindre secousse. Après les selfies signe d'un narcissisme révélateur, voici les petites vidéos pré-fabriquées où on débite des bêtises avec une force déconcertante pour ses "fans". 

Pourquoi s'adresse t'-on au public comme à des enfants en bas-âge avec un ton particulièrement infantilisant et débilitant ?

Est-ce le rôle des médias de court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus en maintenant le public dans l’ignorance et la bêtise et en l'encourageant à se complaire dans la médiocrité ?

Toujours faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, au lieu de se révolter et de s'indigner. Contrôler un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes ou la stratégie de la résignation ne sont que des techniques bien rodée d'une mauvaise presse. 

Le choix de libérer la parole est loin d'être aisé. Il faut résister aux assauts de quelques gourous aux ambitions politiques. Des messagers de propagande qui continuent ouvertement de faire perdurer une situation insupportable. 

Une presse servile qui sert la soupe à l’oligarchie et trompe l’opinion.

N'oublions pas que lorsque Maneesh Gobin, l’Attorney General, a présenté au Comité des droits de l’homme des Nations unies, pour évoquer la question qui fait débat depuis l’adoption de la Judicial and Legal Provisions Act au Parlement, en faveur d’actions pour s’attaquer à l’anonymat des internautes qui encouragerait selon lui l’impunité et les discours à caractère raciste. Des petits mercenaires de la presse, complices de la dictature qui s’instaure progressivement dans notre pays,  lui ont passé les plats de Lakwisin sur un plateau improvisé au slogan du MSM.

Non seulement Gobin a été vague concernant le Freedom of Information Act, une promesse électorale de l'alliance Lepep en 2014, mais il maintient qu'il y aurait urgence de traquer les internautes et les voix dissidentes, qui oseraient braver un gouvernement répressif.

Si la peur de manifester dans les rues est une réalité, la révolution se fait via le numérique. Les pages sur les réseaux sociaux se sont multipliées entre responsabilité et conviction citoyenne, là ou n'il y a pas de place pour les petits flics de la bien-pensante.

 

Dimanche 3 Mai 2020

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