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Politique

[Opinion] Les leçons de l’intervention d’Ivan le Terrible


Rédigé par E. Moris le Mercredi 17 Juin 2020



Beaucoup croyaient que la corde était déjà nouée autour du cou du no 2 du gouvernement et qu’il ne restait plus qu’à faire tomber le tabouret pour en finir avec un homme pas plus haut que trois pommes. Mais il a réussi à dénouer la corde et se donner de l’espace pour respirer.

Plusieurs leçons doivent être tirées de l’intervention d’Ivan Collendavelloo au Parlement mardi. 

D’abord sur la forme ! L’homme sait parler. La flatterie, il a montré qu’il savait y faire avec son exemple de William Pitt le vieux et William Pitt le jeune, tous deux père et fils et tous deux Premier ministre de Grande-Bretagne à une époque révolue. Collendavelloo a tellement léché les bottes de Pravind Jugnauth que ce dernier a dû avoir les pieds complètement trempés après le discours. 

Mais venons-en aux faits ! Ivan Collendavelloo a du se donner ce que l’anglais appelle un breathing space avec son intervention, mais surtout les informations qu’il a balancées. Le fait d’avoir crucifié le pauvre Shiam Thanoo, ancien directeur général du CEB et absent au Parlement pour se défendre, n’a sûrement pas empêché Ivan Collendavelloo de dormir sur ses deux lauriers. 

Ivan Collendavelloo a été convaincant dans sa tentative de jeter le blâme sur le régime travailliste et Shiam Thanoo, documents à l’appui. Même s’il en a fait un peu trop, faisant accroire que c’est parce que Jugutpal a bien géré la crise sanitaire que l’opposition fait monter la mayonnaise sur l’affaire de la Centrale St Louis.

Reste maintenant à savoir si les allégations de corruption et de pratiques douteuses se résument uniquement à l’année 2014 lors du premier appel d’offres, annulé par la suite. Évidemment, Ivan Collendavelloo ne viendra pas dire s’il y a eu des problèmes avec le second exercice d’appel d’offres. 

Autre leçon : le fier Ivan Collendavelloo a très mal pris les demandes de démission de son ancien parti, soit le MMM.

« Ces gens-là se déclarent propres ? Et ils réclament ma démission. Vous allez voir ce que vous allez voir », a-t-il déclaré. Pour commencer, il s’est violemment attaqué à ce qui, de sa bouche, pourrait relever de « mythe » des « mains propres » du MMM. Et c’est passé inaperçu !

Il a d’abord pourfendu la « gentille petite dame » de la circonscription numéro 1 évoquant une histoire d’argent dans un pays réputé pour le blanchiment d’argent. Il faut se méfier de l’eau qui dort, a-t-il soutenu. 

Puis, il s’est attaqué à Paul Bérenger directement, évoquant d’abord sa comparution devant le United Revenue Board (où ses hommes de loi étaient Mes Ivan Collendavelloo, Veda Baloomoody et Raj Nuckchedy) et le fait que Paul Bérenger a toujours été allergique aux organismes luttant contre la corruption.

Cela, avant de revenir avec le fait que, contrairement à ses anciens camarades du MMM, lui avait « les mains propres ».

Il a même accusé « la main propre » Paul Bérenger d’avoir mené une « vendetta » contre Gérard Hébrard ancien haut cadre du CEB car le père de ce dernier, dans la police,  a enquêté sur l’affaire Sheik Hossen. Quant à Rajesh Bhagwan, il l’a accusé de « coz n’importe » et de diffusion de « Fake news ». 

Mais une autre leçon doit être tirée. C’est que Seety Naidoo est un très mauvais communicant. S’il a été retiré de son poste de chairman du CEB, c’est parce qu’il a lui-même creusé sa propre tombe.

Il n’est pas prêt de retrouver son poste, même si l’on peut être certain que son copain Ivan Collendavelloo lui trouvera quelque chose une fois que les choses se seront tassées. Et les pétards tirés à son domicile, ainsi que le meeting impromptu, ne devraient pas empêcher l’enquête de déterminer pourquoi Seety Naidoo n’a pas informé le board du CEB, encore moins son ministre et leader de l’affaire de corruption alléguée. 

Certes, sur le ring de boxe, Ivan Collendavelloo s’est dégagé du coin où l’opposition l’avait emmené. Mais beaucoup de questions restent sans réponse.

Et beaucoup de choses logiques, normales n’ont pas été respectées. Seety Naidoo en est une des preuves ! Mais ne désespérons pas. Désormais, le CEB n’est plus sous le contrôle d’Ivan Collendavelloo. C’est le Premier ministre qui a pris les choses en main, aidé par les techniciens des Finances. 

Sur le plan politique, le rôle d’Ivan le Terrible s’est réduit à celui d’un petit caniche. Sur le plan des affaires, il s’est donné de l’air, mais n’est pas encore sorti d’affaire.


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