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Politique

[Opinion] Le PTr a tort de minimiser les «trahisons»


Rédigé par E. Moris le Vendredi 30 Septembre 2022



Il y a quelques semaines, Patrick Assirvaden, invité dans une émission radio, fanfaronnait avec un petit sourire d'autosatisfaction, bien légitime, qu'au sein de son parti, il n'y avait aucune démission. Que les opérations "achete-vende" menées par un ancien Judas connu de la place, n'avaient eu jusqu'ici aucune emprise sur les membres du Parti travailliste.

Sauf qu'après les claquements de porte de Kalyanee Juggoo et Ezra Jhuboo, c’est au tour de l’ancien lord-maire Sheikh Mukhtar Hossenbocus de démissionner du Parti travailliste (PTr). Dans un déni qui frise l'absurde, les Rouges parlent de «trahison». La démission de l'ancien collaborateur du député Osman Mohamed soulève pourtant plusieurs axes de réflexion. Membre du parti depuis 35 ans, il affirme avec une rengaine connue de tous que : «les intérêts personnels prévalent et la situation ne cesse d’empirer». Sheikh Mukhtar Hossenbocus, tout comme les autres démissionnaires, parlent d'une même voix concernant la loyauté et le travail ignorés par nul autre que Navin Ramgoolam.

Nous l'avons annoncé, le PTr n'est évidemment pas au bord de l'implosion, mais la crise guette. Les ingrédients concoctés par Navin Ramgoolam afin de constituer le nouvel exécutif ont laissé un goût amer. Si le PTr est perçu comme ayant des chances de revenir au pouvoir, Ramgoolam disons-le ouvertment ne fait pas l'unanimité, même dans ses rangs. Son attitude de monarque déplait. Quand à Arvin Boolell, il va d'humiliations en humiliations. Le voilà « directeur des opérations sur le terrain ». La situation est tellement dure pour Arvin Boolell que même Joe Lesjongard et Maneesh Gobin lui ont exprimé leurs sympathies en conférence de presse le week-end dernier. C'est dire !

Quant à Shakeel Mohamed, il n'a jamais caché ses ambitions. Il s'est fait élire en deux occasions alors que Ramgoolam lui-même mordait cruellement la poussière. Mais Ramgoolam encore une fois, a décidé de le tenir en bride pour favoriser une certaine "caste". Quant à Navin Ramgoolam dans tout ça, il prend les choses avec philosophie. Il se fait entendre de temps en temps. Les humeurs d'Arvin Boolell et de Shakeel Mohamed... disons qu'il n'est pas inquiet outre-mesure. Contrairement à Ezra Jhuboo et Kalyanee Juggoo, ils n'ont pas tellement d'options... à part la retraite ou la création de leur propre formation. 

Dimanche dernier, la première salve est venu d'Arvin Boolell, lors d’une cérémonie de dépôt de gerbes a eu lieu au « samadhi » de feu sir Satcam Boolell : « Sans Satcam (Boolell), il  n'y aurait pas eu de (parti) travailliste ». Cette phrase est sortie après qu'il ait rendu hommage à tous les combattants qui étaient là dans les moments les plus difficiles. Il a évoqué les Anquetil, Rozemont, Curé, Seeneevassen et Ramgoolam. Et de rappeler que ces personnes défendent les vraies valeurs du travaillisme. C'est dans ce contexte qu'il a déclaré que sans Sir Satcam, le parti ne serait pas ce qu'il est. Est-ce pour faire comprendre qu'il ne mérite pas le traitement actuel en raison de ce sa famille a fait pour le PTr. 

Deuxième salve : « C’est le PTr qui a fabriqué Pravind Jugnauth.» Il n’a pas tort. Pravind Jugnauth était au plus mal à l’époque. Il était dans le « karo kann », avec son oncle Ashock qui lui contestait le leadership, aidé en cela par le MMM. C’est le PTr qui était venu à la rescousse du leader du MMM en l’aidant à obtenir la victoire à la partielle au no 8, organisée après l’invalidation de l’élection d’Ashock Jugnauth, condamné pour corruption électorale.

Pour Arvin Boolell donc, ce fut une erreur commise par Navin Ramgoolam. D’où l’expression qu’il a utilisée, soit le PTr « a fabriqué » Pravind Jugnauth. Et d’ajouter qu’il a toujours fait le reproche à Navin Ramgoolam. Il faut rappeler qu’après sa victoire, Pravind Jugnauth avait tenu le drapeau du PTr. C’était la première fois qu’un leader politique tient le drapeau d’une autre formation. Il était tellement reconnaissant. Sauf que l’alliance conclue avec le MSM en 2009 ne l’a pas été avec Pravind Jugnauth mais avec sir Anerood Jugnauth, alors au Réduit. Navin Ramgoolam redoutait un retour de sir Anerood Jugnauth sur la scène politique. Et l’alliance avec le MSM en 2010 a permis au PTr, Ramgoolam et Boolell d’obtenir un nouveau mandat. Depuis, Pravind Jugnauth s’est installé au no 8, allant jusqu’à déloger Suren Dayal, qui ne s’est épargné aucun effort pour le faire élire en 2009. En politique, il n’y a pas de reconnaissance !

Vendredi 30 Septembre 2022

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