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Société

[Opinion] L'écologie politique à l'île Maurice, un échec programmé


Rédigé par E. Moris le Samedi 22 Août 2020



Il avait été le premier, il y a 20 ans, à vouloir supprimer les sacs plastiques en caisse des supermarchés. Aujourd'hui son combat continue. Le grand patron de la chaîne des supermarchés, Michel-Édouard Leclerc a décidé d'élaborer un plan de bataille contre les déchets plastiques et ainsi d'"anticiper la loi" sur la consommation et l'utilisation des objets polluants. 

C'est la bataille d'une vision écologique, le matériaux honni sera ainsi remplacés par d'autres plus "durables" tels que le carton ou le bambou. 

 

Pas très loin de chez nous, à Rodrigues, ils n'ont pas attendu pour donner l'exemple d'une île eco-responsable. Les sacs en plastique sont bannis, la pêche est maîtrisée et il existe une qualité de vie appréciable qui se fait rare. De son côté, avec le décalage qu'on doit reconnaître avec ce gouvernement, le projet petroleum hub, à Albion est vivement contesté par les mouvements écologistes et les associations citoyennes. Mais au dire des gouvernants, «nou péna choix», l'île Maurice, doit suivre le pas des Seychelles qui possède déjà sa propre réserve de pétrole.

Ce qui se trame à Albion, devrait nous interpeller en tant que citoyen. 

 

La Mauritius Oceanography Institute à Albion, un institut océanographique financé par l'Inde à hauteur de plusieurs millions de roupies et inauguré par l'ancien ministre de la Pêche et de l’économie océanique, Prem Koonjoo, qui n'a jamais vu de requin ni de baleine dans les eaux mauriciennes, va se retrouver dans un port pétrolier.

Le projet sera entrepris par la State Trading Corporation en partenariat avec deux sociétés indiennes, à savoir Indian Oil Corporation Limited et Mangalore Refinery and Petrochemicals Ltd.

IndianOil Mauritius Ltd envisage également de construire une jetée pouvant accueillir de gros tankers. Le but est de faire du pays un "Petroleum Hub " avec l'aide des indiens afin d'exporter des produits pétroliers vers les pays de l’Afrique de l’Est et de la région à des prix compétitifs.

On n'a peut-être pas trouvé l'or mais on a de la suite dans les idées pour valider et développer de tel projet sur une île qui a tout de même signée les accord de Paris et participé à la Cop21. À tous les détracteurs qui s'indignent contre l'omniprésence de l'Inde sur terre comme sur mer, on s'amuse à brandir l'inébranlable esprit de communautarisme et le "India Bashing" faute d'arguments solides. 

En 2008, le gouvernement était venu de l’avant avec le concept Maurice Île Durable (MID), un projet visionnaire visant à prôner le développement durable. 

 

Malheureusement on se retrouve dix ans après, dans une situation d'échec, avec des actions menées sur le terrain par le gouvernement, couplées à son inaction qui dans certains cas, reflètent de grandes contradictions qui empêchent le pays d’aller vers la durabilité.

Nous n’avons pas fait le choix de protéger notre environnement, mais plutôt celui de générer la croissance et l’investissement étranger, avec de belles phrases concernant la protection de l’environnement. 

À ce jour, les autorités n’ont pas un système de gestion efficace de nos déchets.

 

Pour exemple, le dépotoir de Mare Chicose ou à la Chaumière sont des bombes écologiques à ciel ouvert. À chaque incendie, on évoque les problèmes de santé occasionnés auprès des habitants des environs et les défaillances de sécurité entourant ces lieux.

Il n'y aucune méthode qui marche malgré des initiatives à petite échelle. Le recyclage, tri sélectif ou l'énergie recyclage tâtonnent, alors que des budgets conséquents ont été voté depuis plus d'une décennie et des centaines de millions de taxes environnementales sont perçues annuellement.

En 2018, ne pas avoir pu mettre en place le tri sélectif est un échec. Il faudrait responsabiliser la population, lui expliquer pourquoi il faut faire l’effort de trier. Mais on ne peut pas demander aux gens de trier et ne pas leur donner les structures pour le faire. Il faudrait une réelle volonté politique et des aides publiques.

Le changement climatique accélère les conséquences dramatiques dont nous devrons faire face. Cette réalité nous rattrapera tôt ou tard. Installé un petrolum hub à côté d'un village côtier et un parc marin est l'absurdité de trop !


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