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Un autre regard

[Opinion] Covid-19 : Roopun, t’es où ?


Rédigé par E. Moris le Dimanche 22 Mars 2020



En ce troisième jour de confinement, et au lendemain de l’annonce du premier mort de covid-19 à l’île Maurice, on s’est réveillé en pensant à un tas de choses. 

D’abord, on a eu une pensée à tous ces disparus à travers le monde, plus de 11 000, rien que 800 en Italie pendant les dernières 24 heures, puis à l’idée qu’au pire des cas on va connaître tous quelqu’un, ou quelqu’un qui va connaître quelqu’un, parce que le Mauricien connaît tout le monde, qui va disparaître à cause de ce satané virus. 

Enfin, on a pensé à nos disparus et à l’idée qu’on va les rejoindre dans pas longtemps, peut-être.

On a pensé aussi, quand on est confiné on pense beaucoup effectivement, aux 1000 Mauriciens que leurs proches croyaient disparus à jamais dans les aéroports à travers le monde, depuis que notre premier ministre vénéré a décidé de fermer nos frontières aériennes sans considération aucune de leur sort. 

En pensant aux aéroports, on a pensé aux voyageurs, mauriciens ou de toutes nationalités, notamment les 250 Réunionnais qu’Air Mauritius a fait débarquer de ses derniers avions pour faire disparaître la bévue du premier ministre vénéré d’avoir fermé les frontières à ses concitoyens. 

Et en pensant à ces voyageurs, on a pensé à leurs bagages. Mais c’est là, en pensant à leurs bagages qu’on a pensé qu’il se peut qu’ils soient en excédent de bagages. 

Et c’est à ce moment précis qu’on a pensé à Prithvirajsing Roopun, notre président de la République vénéré ! 

On s’est dit : il est où, lui ? Puis, on a pensé qu’il était confiné lui aussi au Réduit, ça ne doit pas être facile pour lui aussi : déjà confiné c’est dur mais confiné au Réduit c’est la galère. Être dans un grand château comme ça, avec un jardin de 1 km2 (on vous le jure, c’est vrai !) et être confiné c’est «add insult to injury»

On pense beaucoup quand on est confiné, à ce qu’on va bien pouvoir manger, en voyant un paquet brède à 330 roupies et la fermeture des marchés, aux gens qui nous maltraitent sur les réseaux sociaux parce qu’on est sortis parce qu’on n’a ni moto ni voiture, ni de boutique dans le quartier...

On pense, on pense, mais peut-être qu’on n’a pas le droit de penser non plus, puisque c’est eux qui pensent à notre place : notre premier ministre vénéré et notre président vénéré, qui ont tous deux disparus, ce dernier plus que le premier ! 

On pense au fait qu’on disparaîtra tous un jour...


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