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Politique

[Opinion] Budget : Pravindpakse s’offre l’option d’élections-éclair


Rédigé par E. Moris le Dimanche 12 Juin 2022



Municipales ou générales ? Réponse à la fin de l’opinion. Tout le monde est d’accord sur un point. Renganaden Padayachy a fait preuve de largesse, dans les mesures annoncées dans son budget. Cette générosité, est-ce que l’État pouvait se la permettre en ces temps difficiles ? Sur ce point, il y a bien des désaccords. 

Certains experts disent que non. Ils estiment que, de toute façon, toutes les allocations offertes, que ce soit dans la pension ou le cadeau direct aux salariés, vont se dissoudre rapidement dans l’acide de l’inflation et la dépréciation de la roupie. D’autres experts soutiennent que le gouvernement a un trésor de guerre à partir duquel il aurait pu puiser pour soulager davantage la population. Puis, il y a les éternels débats et polémiques sur les chiffres maquillés, truqués mêmes. 

Tout cela n’est pas important ! Ce qu’il faut se mettre en tête, c’est que la situation économique va se détériorer davantage. Elle pourrait devenir intenable dans un proche avenir. Avec les largesses faites dans le budget 2022-2023, Pravind Jugnauth s’offre un joker inestimable : la possibilité d’un nouveau mandat. Qu’importe le mal qu’il fait et fera au pays, il faut comprendre que le troisième budget de Renganaden Padayachy était non seulement social mais bel et bien électoral. Hausse de la pension de vieillesse, Rs 1 000 supplémentaires pour les 65 et plus et enfin allocation spéciale de Rs 1 000 à tous les salariés… Il y en a pour tout le monde. Personne n’est exclu ! 

Avec ces trois mesures, un gouvernement, aussi impopulaire soit-il, peut aller aux urnes. Alors l’opposition peut crier qu’une baisse de la notation du pays par Moody’s nous pend au nez… les experts peuvent arguer que l’état réel de l’économie a été dissimulé aux Mauriciens… les Cassandre peuvent nous mettre en garde contre le retour du boomerang… tout cela n’aura aucune importance.

Une faillite économique n’est pas comme un accident de voiture. On ne voit pas le camion vous foncer dessus ! On voit encore moins sa voiture se diriger vers le précipice !  Mais Pravind Jugnauth en est conscient. Il sait qu’entre le crash et le moment où la population va ressentir les effets, il y a aura quelques semaines. Avec ce budget, il peut donner des élections-éclair à tout moment à partir de juillet. Rappelons que le délai légal le plus court, entre la dissolution du Parlement et le moment de se rendre aux urnes, n’est que d’un mois. Et une fois la campagne amorcée, les questions économiques passent au second ou même troisième plan. 

Maintenant venons-en à la question principale : se prépare-t-il à des municipales ou des législatives anticipées ? L’abolition de la taxe municipale et l’extension de la pension de veuve aux musulmanes dont le nikkah n’aurait pas été enregistré peuvent donner l’impression qu’il s’agirait des municipales. Mais ce serait une grosse erreur. En cas de détérioration de la situation économique, Pravind Jugnauth pourrait rapidement appuyer sur le bouton des législatives. Au début d’un nouveau mandat – s’il l’obtient –, il pourra entamer des réformes… même si, entretemps, le pays est au fond du gouffre. Mais lui n’en a cure. Il a l’option, le joker, en main. C’est tout ce qui importe. Mugabe à l’œuvre !

Dimanche 12 Juin 2022

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