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Société

Non, Pravind Jugnauth ce n'est pas dans l'ADN des Mauriciens de mettre dehors, des gens sans toit et dans le froid


Rédigé par E. Moris le Mardi 2 Juin 2020



Crédit photo : J Hugues Hugoboss
Crédit photo : J Hugues Hugoboss
C’est un préjugé tenace mais pourtant totalement faux qui pullule sur les réseaux sociaux. Non, les squatteurs ne sont pas mieux logés que la plupart des mauriciens, surtout en cette période de saison hivernale.

Ces derniers jours, les pouvoirs publics ont multiplié les provocations en démolissant des abris en feuilles de tôles, de bois et de bâches, où se sont réfugiés les plus démunis de la société. Un cache misère qui fait partie des dessous de la carte postale de l'île paradisiaque.

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Ces personnes mis au banc de la société sont convaincues qu’il existe un autre moyen de régler ce problème de fond. Mais depuis 2014, reprise au pouvoir du clan Jugnauth, ce sont des provocations à répétition envers eux. De Soodhun à Sir Aneerood Jugnauth, ils ont eu droit à des insultes, des préjugés et la calomnie. Pour autant, cette minorité de l'île n'a jamais été aussi digne, sans jamais tomber dans le jeu de la bassesse politicienne, malgré toutes les tentatives pour les diviser ou les stigmatiser.

Avec les mesures sanitaires prises durant le confinement, il n'est un secret pour personne que la crise a frappé de plein fouet toute l'économie de l'île et toutes les classes sociales. 

Pourtant Steven Obeegadoo, ministre du Logement et des Terres, qui a ordonné l'ordre d'évacuation des squatteurs, fait comprendre à qui veut l'entendre, que la grande majorité des personnes qui ont installé des structures illégales sur les terres de l'Etat ne sont pas de vrais «squatteurs légitimes» mais en ont «profité » pour s'installer pendant la période de confinement. C’est sûrement vrai dans certains cas. Mais il oublie de signaler qu'on ne s'installe pas avec femmes et enfants sous des feuilles en tôle, sauf si les circonstances nous y obligent.

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Avant de démolir, n'aurait-il pas été plus judicieux de trouver pour ses familles un hébergement d’urgence dans le cadre du dispositif hivernal tout en ouvrant des centres d’hébergement de façon temporaire. Depuis le début du Covid-19, le gouvernement a mis en place des dispositifs d’hébergement  de grande envergure destinés aux voyageurs. Pourquoi ne pas avoir proposé des centres de jeunesse, si il était si urgent de détruire ?

Quand on se flatte d'avoir su gérer la crise sanitaire avec autant d'arrogance, alors que l'économie est à genoux et des familles se retrouvent dans la rue, la bonne foi aurait été de reconnaître ses erreurs. Et ne surtout pas accabler de douleur ces familles, bien au contraire ! 


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