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Société

Nilen Vencadasmy, un imposteur à la tête de la MTPA, à quand le coup de sifflet ?


Rédigé par E. Moris le Lundi 5 Octobre 2020

Nilen Vencadasmy, candidat battu aux dernières législatives, propulsé comme chairman de la MTPA, grâce à sa proximité avec Ken Arian, et Arvind Bundhun, le directeur de l’organisme, semblent beaucoup s’amuser sur le dos des contribuables. A quand le coup de sifflet ?



Une petite bombe qui pourrait bien exploser entre les mains de ceuc installés au sein du secteur du tourisme. En se rendant aux Casernes centrales le 1er octobre, Bruneau Laurette a porté plainte, pour dilapidation des fonds publics par le chairman de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), Nilen Vencadasmy, les autres membres du board et le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, qui auraient, selon lui, comploté pour escroquer  les contribuables, concernant le contrat avec le Liverpool Football Club, dont les modalités et clauses ont été dévoilées par l’Express et qui comprend Rs 381 millions pour 2 minutes de pub par match de Liverpool pendant trois ans.

La MTPA et Nilen Vencadasmy jettent l'argent des contribuables par les fenêtres

Une demande est faite également auprès de la police pour que leurs correspondances par courriel soient consultées au plus vite et que les mouvements de fonds sur les comptes en banque de ces derniers et de leurs proches soient analysés.

Est-ce qu’un tel accord est profitable au pays ?

Notons d’abord que le contexte économique est difficile pour le pays. Deuxièmement, le genre de touristes qu’on pourrait éventuellement attirer avec ce genre de pub ne va pas passer 14 jours en quarantaine enfermés dans une chambre d'hôtel dans une sorte de confinement alors que partout ailleurs les pays ont  levé les restrictions de liberté des individus. Ensuite, combien de personnes pourraient être attirées à visiter un pays en ayant vu, au cours d’un match, une pub qui s’affiche sur un panneau.

Soyons clairs, malgré les gesticulations intempestives et pompeuses de Nilen Vencadasmy, surpris la main dans le sac signant un accord en catimini et en pleine pandémie, l'accord commercial avec le Rwanda pour prouver que les retombées sont possibles, est un faux exemple.

Alors qu’il commémore les vingt-cinq ans du génocide des Tutsis qui a coûté la vie à plus de 800.000 personnes, entre avril et juillet 1994, le Rwanda est salué pour son spectaculaire redressement, principalement économique, dont est crédité le président Kagamé. Réélu en août pour un troisième mandat de sept ans, le président est aussi régulièrement accusé de bafouer la liberté d’expression et de museler toute opposition.

Sport. Le Rwanda, nouveau sponsor du PSG et de Arsenal

Sponsoriser de grands clubs de football pour redorer son image et attirer de nouveaux touristes : c'est la dernière trouvaille du Rwanda. Déjà, en mai 2018, le gouvernement avait conclu un contrat de 34 millions d'euros avec le club anglais Arsenal. Désormais, c'est sur les maillots d'entraînements du PSG que figure le slogan "Visit Rwanda". Une stratégie qui n'est pas exempte de controverses.

Et la question lancinante est la suivante : un pays considéré comme l’un des plus pauvres au monde a-t-il les moyens de débourser 10 M£ par an pour apparaître sur la manche d’un club générant chaque année d’importants profits ?

Car la situation économique du Rwanda n’est guère reluisante. Le Rwanda se classe toujours parmi les 25 nations au PIB par habitant les plus faibles du monde. Du reste, le Rwanda est encore aujourd’hui dépendant des aides internationales, qui représentent presque 20% du budget gouvernemental, pour accélérer son développement. Un point que n’ont pas oublié de mentionner certains parlementaires britanniques et néerlandais, s’interrogeant sur la signature de cet accord de sponsoring avec Arsenal FC.

Le gouvernement kleptocratique pré-génocide a dilapidé énormément de capital productif en pots-de-vin plutôt que de le laisser dans les poches des citoyens pour qu’ils épargnent et investissent en éducation et en infrastructures.

Au Rwanda, la métamorphose de Kigali se fait aux dépens des plus pauvres. Destruction de maisons, hausse des prix de l’immobilier… Les habitants des bidonvilles se sentent exclus du programme de modernisation de la capitale.

Selon la Banque mondiale, la part de la population rwandaise vivant sous le seuil de pauvreté se situe juste en dessous de 40 %, un chiffre stable depuis 2014. le taux de chômage augmente (il est passé de 14,5 % à 16 % entre février et novembre), de même que l’inflation (6,9 % en novembre), selon les données officielles.

C’est «le maillot de la honte» pour les tabloïds anglais qui ne font jamais dans la demi-mesure. Alors que le championnat a repris en Angleterre, l’opération de partenariat «Visit Rwanda», inscrite sur le maillot de l’équipe de football d’Arsenal, ne passe toujours pas.

Certains médias condamnent aussi un soutien à un régime autocratique, de la part du «tyran» Paul Kagame, alors que dans le pays «les orphelins sont si pauvres qu’ils  ne peuvent s’offrir un ballon pour jouer au foot»!

La polémique enfle également sur les réseaux sociaux, où là aussi on accuse le club londonien de soutenir un dictateur. Un opposant à Kagame, Rene Mugenzi, défenseur des droits de l’Homme réfugié à Londres, accuse: «Comment un pays qui reçoit des dizaines de millions d’aide peut-il dépenser son argent dans un club de foot à Londres, simplement parce que le président est un ardent supporteur?»

Rappelons que le tourisme généré ces dernières années au Rwanda ne sont pas le résultat d'un quelconque sponsor de l'état rwandais, malgré les tentatives de propagande, mais bien une volonté des touristes voulant voyager "écologique" et au "vert". C'est la tendance du secteur touristique mondiale.

Source : Le Monde; Courrier International;The Guardian, La Tribune, Africa news.

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