Edito de Moris

"Mo reste confiante ki si l'enquête pou fer, la vérité pou éklaté ek mo pou lave mo l'honneur".

Lundi 6 Août 2018

"Mo reste confiante ki si l'enquête pou fer, la vérité pou éklaté ek mo pou lave mo l'honneur".
Quatre mois après l’annonce du Premier ministre Pravind Jugnauth sur l’institution d’une commission d’enquête sur Ameenah Gurib-Fakim, la première audition aura lieu ce lundi 6 août et sera présidée par le Puisne Judge Asraf Ally Caunhye. 

L'ex-Présidente avait quitté ses fonctions le 23 mars dernier après l’affaire Platinum Card. 

Ameenah Gurib Fakim fera dont l'objet d'exécution posthume sur la place politique et publique sous forme de commission d'enquête. Le Premier ministre Pravind Jugnauth ayant instauré une commission d’enquête sur les circonstances de l’annonce d’une commission d’enquête par Ameenah Gurib-Fakim !

Du génie ! Vive la République ! Des enquêtes sur des enquêtes et des commissions sur des commissions d'enquête. Ça on sait faire, on avance en reculant. 

Tout avait commencé avec la colère des étudiants qui allèguent avoir été bernés par le Planet Earth Institute d’Alvaro Sobrinho en novembre 2016. La FSC initie une enquête sur le personnage et la connexion entre le milliardaire et bellâtre angolais et la présidente de la République d'Ameenah Gurib Fakim est discutée au parlement.

L'Express publie un relevé bancaire indiquant des dépenses d’un million de roupies pour l’achat de bijoux et de vêtements. Une carte de crédit utilisée par “inadvertance” une vingtaine de fois selon la principale intéressée. Ce qui allait devenir l’affaire Platinum Card.

Madame Gurib Fakim malgré la pression gouvernementale et du Premier ministre n'a pas cédé à l'appel du pied pour démissionner illico presto. Entre tweets assassins et communiqués sur les réseaux sociaux, madame avait affûté ses armes et monté au créneau. 

Pire. Elle a fait l'affront de résister et de défier le Premier ministre depuis la fin des célébrations officielles des 50 ans d’indépendance dans le scandale Platinum Card. Mieux. Elle a initié une commission d'enquête pour clarifier l'affaire avec la complicité et conseils d'homme de loi, attirés par le scandale touchant à la "femme musulmane".

Sauf que Madame ne peut être juge et partie et encore moins jouer avec la Constitution du pays. 

Les mots sont violents et très graves et vient du Premier ministre himself : "complot", "violation de la Constitution", "complicité", "trahison". On se croirait dans un putsch programmé et désamorcé. L'ex résidente du Château de Réduit est invitée cordialement à venir témoigner. Le maître chanteur n'en dira pas plus mais dit détenir des choses graves, très graves. 

Et comme le ridicule a tendance à lui coller aux basques, le chef du gouvernement affirme que la question d’une commission d’enquête sur les intérêts d’Alvaro Sobrinho à Maurice ne se pose pas tant qu’il n’est pas en présence de preuves tangibles nécessitant une telle initiative. "Donnez-moi une raison pour laquelle je devrais !" 

Et ceci malgré toutes les mises en examen pour corruption, blanchiment d'argent et les démêlés judiciaires du bellâtre Alvaro. C'était pourtant une excellente occasion de répondre à un certain nombre de questions, à commencer par l'annonce du budget qui octroyait des licences bancaires d'investissement de la Banque de Maurice au Financial Commission à un homme d'affaires faisant l'objet d'une enquête internationale pour fraude, ou les rumeurs sur les voitures, villas et autres articles de luxe donnés à de très hautes personnalités

Le Premier ministre était le seul également à instituer un tribunal, ce qui aurait permis en cas de faute grave établie, qu’Ameenah Gurib Fakim, ne parte avec tous les privilèges. Il a préféré une commission sur une commission d'enquête et que toutes revendications passent par l'ICAC. Un autre repère de faussaires et de bons à rien.

Depuis, on a eu droit à des tendres adieux à la nation mauricienne sous forme de message vidéo diffusé sur sa page et à un vibrant : "L’avenir m’attend"

L'ancienne présidente de la République dit quitter ses fonctions «avec léker gros»

Revenant sur l’affaire Platinum Card, Ameenah Gurib-Fakim affirme n’avoir rien à se reprocher. Confiante que "la vérité éclatera" si jamais une enquête est diligentée sur cette affaire. "Mo reste confiante ki si l'enquête pou fer, la vérité pou éklaté ek mo pou lave mo l'honneur". Elle a annoncé son retour dans le domaine scientifique et de la recherche et continuera d’œuvrer pour la République de Maurice en tant que scientifique.

Ça c'est pour la bande-annonce. Le film qui va suivre ce lundi mérite d'être salué par la critique. 

Rédigé par E. Moris le Lundi 6 Août 2018

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