Edito de Moris

« Mo kuma mo papa. Mo piti mo papa !».

Dimanche 29 Juillet 2018

« Mo kuma mo papa. Mo piti mo papa !».
Sa nomination au poste de Premier ministre était censée lui offrir un destin qui aurait marqué l'Histoire du pays. Or il ne se passe pas une semaine sans que son gouvernement et sa garde rapprochée ne soient mêlés à un nouveau scandale et qu'il ne se voit obliger de venir face à la presse, le visage déconfit comme un sale môme pris la main dans un pot de confiture. 

Il y a eu tellement de remaniements et de démissions dans ce gouvernement que l’on ne sait plus où ça commence et où cela va se terminer. On a à peine fait connaissance, qu'on se retrouve face à des absents. 

On est mal à l'aise de voir un homme pourtant né sous une bonne étoile, causer autant d'embarras à sa dynastie. Empêtré dans ses propres déboires judiciaires, il est toujours attendu au Privy Council  dans l’affaire Medpoint.

Ce qui ne l'a pas empêché lors de la célébration du Shrawani Mahotsav, à Triolet ce dimanche, de lancer « Mo kuma mo papa. Mo piti mo papa!», comme une ultime tentative de se réapproprier un peu de l'aura, certes terni de son paternel. 

C'est un peu le drame de sa vie, Pravind Jugnauth pense être comme son père alors qu'il n'a ni le charisme ni l'autorité pour trancher "carré carré". On ne peut lui imputer la seule responsabilité d'un  tel échec. Cette garde rapprochée que Roshi Badhain avant de claquer la porte avait décrit "comme une mafia dans la cuisine" a une grande influence et semble précipiter le chef du gouvernement dans un abîme de honte et de scandales.

Le rapport de la commission de drogue rendu publique en fin de semaine semble l'épreuve de trop.

Il se lit comme les " Dix petits nègres" d'Agatha Christie. Une étrange histoire, des investigations, des accusations et le dénouement : un juge qui venge les victimes. 

Le nom du Premier ministre a été balancé par un caïd, les membres et proche du gouvernement ont été épinglés, ce qui a valu trois démissions tapageuses.

Raouf Gulbull, l'avocat de Pravind Jugnauth dans l'affaire Medpoint et de Soodhun dans l'affaire de propos incitant à "tuer" Xavier Duval, est accusé entre autre d'avoir financer sa campagne par d'occultes financements. Le Deputy Speaker, Sanjeev Teeluckdharry et la ministre Jadoo-Jaunboccus ont eu la chic idée de faire de l'excès de zèle en visitant des détenus, trafiquants de drogue, alors que certains d’entre eux n'avaient entrepris aucune démarche légale nécessitant un avocat.

Comment oublier, le " zanfan lakaz" du Sun Trust, Geeanchand Dewdanee, ancien Senior Adviser, interpellé par la police avec la découverte de 135 kilos d’héroine valant Rs 2 milliards. Il était parmi les invités pour célébrer le jour de l'indépendance et se pavaner dans le jardin de la République, lorsqu'il ne figurait pas sur la liste des passagers qui accompagnaient le Premier ministre en voyage officiel. 

Malgré toute sa bonne volonté, on a du mal à croire que tout cet environnement ne soit que le fruit du hasard. 

En plein scandale des connexions parti politique/drogue, comment ne pas non plus se remémorer de l'ère Sir Aneerood Jugnauth, où des trafiquants notoires paradaient également à la State House lors de Garden Parties ou celle des Amsterdam Boys avec leurs valises diplomatiques bourrées de billets ou choses illicites. 

"Evidaman"...« Mo kuma mo papa. Mo piti mo papa!».


 

Rédigé par E. Moris le Dimanche 29 Juillet 2018

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