Société

Maurice havre de paix pour les "karan" de Madagascar !

Lundi 23 Juillet 2018

Depuis 2017, les enlèvements d’hommes d’affaires d’origine indienne se multiplient à Madagascar. Profitant d'un climat électoral actuel très tendu, les ravisseurs multiplient les enlèvements.


Depuis son enlèvement en mai 2017, Yanish Ismaël vit désormais à l’île Maurice.
Depuis son enlèvement en mai 2017, Yanish Ismaël vit désormais à l’île Maurice.

Il y a treize mois, Yanish Ismaël se faisait enlever par des hommes armés de kalachnikovs près d’Antananarivo, la capitale malgache.

Yanish est resté en captivité vingt-trois jours – un record – dans des conditions épouvantables .
 
Le jeune homme est devenu la 90e victime connue de ce qui s’apparente désormais à une véritable industrie à Madagascar : le kidnapping contre rançon de personnes issues principalement – mais pas uniquement – de la communauté d’origine indienne.

Etablie depuis plusieurs générations sur la Grande Ile, la communauté indienne comprend quelque 15 000 membres, dont 30 à 40 % ont la nationalité française.

Certains d’entre eux ont créé de petites entreprises devenues de véritables empires, au point de figurer parmi les plus grosses fortunes de l’île.

La famille de Yanish en fait partie. En 1987, son père, Danil Ismaël, a fondé le groupe SMTP, désormais actif dans plusieurs branches. Il est le propriétaire du Trianon Shopping Park à Maurice.

Après son enlèvement, Yanish a préféré s’exiler à Maurice. 

Les kidnappings ont redoublé d’intensité, atteignant un niveau jamais vu début juin. Il y a eu quatre enlèvements de ressortissants d’origine indienne, dont trois Français : Navage Veldjee, Rishi Chandarana, Nizar Pirbay et Moustafa Hiridjee.

Jean-Michel Frachet, directeur exécutif du Collectif des Français d’origine indienne à Madagascar (CFOIM) s'indigne et continue d'alerter les instances notamment des plaintes en France.

L’association créée en juin 2017 entend apporter une réponse policière, judiciaire et psychologique aux kidnappings.

Les kidnappeurs sont bien entraînés, avec un mode opératoire précis. Des criminels qui auraient des complices au sein des forces de l’ordre, voire à un plus haut niveau, selon plusieurs observateurs.

L’enlèvement de Moustafa Hiridjee, dirigeant d’un des plus gros groupes de Madagascar (libéré depuis), a achevé de terrifier la communauté – mais pas seulement. Plusieurs opérateurs importants songeraient à quitter définitivement la Grande Ile.

Le drame humain se doublerait alors d’un véritable drame économique. 

Rédigé par E. Moris le Lundi 23 Juillet 2018

Nouveau commentaire :

Règles communautaires

Nous rappelons qu’aucun commentaire profane, raciste, sexiste, homophobe, obscène, relatif à l’intolérance religieuse, à la haine ou comportant des propos incendiaires ne sera toléré. Le droit à la liberté d’expression est important, mais il doit être exercé dans les limites légales de la discussion. Tout commentaire qui ne respecte pas ces critères sera supprimé sans préavis.