Edito de Moris

Maurice : Nouvel itinéraire pour les narcos

Dimanche 23 Septembre 2018

La bande annonce dans les faits divers donne lieu chaque semaine, à son lot de saisies de plantations de cannabis et elles sont nombreuses. Alors que les autorités sont conscientes que la destination finale de cette production de drogue finira sur le marché local, les cultivateurs ou propriétaires de ces plantations restent souvent inconnus. Un constat accablant pour la société mauricienne qui voit toute cette quantité de drogue qui ne cesse d'augmenter. Si il y a une recrudescence de l'offre, est-ce à dire que les consommateurs ont augmenté ? A quel rythme et quelles en sont les raisons ? 
Le débat sur la légalisation du cannabis ne sert souvent à rien face à un gouvernement qui y est opposé fermement et en a fait un son cheval de bataille. 
D'un autre côté si la cocaïne et l’héroïne, étaient auparavant consommés en petite quantité pour une clientèle aisée. Les drogues dures en provenance d’Amérique latine (cocaïne) et du Pakistan (héroïne)  ou par la filière malgache, sont distribuées à la Réunion et Maurice. Ce sont bien souvent les personnes qui transitent au Kenya et en Afrique du Sud qui apportent ces drogues à Maurice.
Si vous arrivez à l’imaginer, c’est qu’ils l’ont déjà fait. Les trafiquants de drogue rivalisent d’imagination pour transporter ou transmettre leurs substances illicites en toute discrétion. 
On connaît déjà la technique de la « mule », celle du passeur qui se gave de boulettes de poudre pour dissimuler son chargement dans son ventre avant d'embarquer. A la clé, quelques milliers d’euros ou de dollars pour sortir de la misère mais surtout le risque d’y laisser sa vie, au mieux de finir en prison. Malgré les arrestations, les douanes s’avèrent impuissantes à endiguer le très juteux business des narcos.

Mais face au renforcement des contrôles policiers, ce procédé, dangereux voire mortel pour ses utilisateurs, est largement concurrencé par de nouvelles techniques plus imaginatives les unes que les autres et moins facilement identifiable.

Rectum, vagin,...quand le corps humain se transforme en véritable coffre pour faire passer de la drogue. 

Arrêtés ou interpellée par la suite, ce n’est pas le scénario qu’ils se sont imaginés, ni celui qu’on leur avait promis. Embarqués à bord d’un avion en direction de Maurice, ces "mules" de plus en plus jeunes « décoffrent », dit-on dans le jargon et doivent se débarrasser des ovules par voie naturelle, aux toilettes. Que risquent-ils ? 10 à 20 ans dans les geôles mauriciennes aux frais de l'état et des contribuables mauriciens ? 

Des victimes qui vendent leur corps pour survivre, ce n'est ni plus ni moins une sorte de prostitution.

Une fructueuse économie est née, L’argent est le leitmotiv de tous et le phénomène inquiète les autorités, certes démunies mais qui pourtant lésinent sur les moyens humains et techniques pour endiguer le trafic… Si les douanes ont saisi 20 kilos la semaine dernière, et 25 celle d’avant. Un coup d’épée dans l’eau. Combien se faufilent sur le territoire ?

Une méthode rodée, discrète et efficace, redoutablement rentable. Ces frets humains permettent l’acheminement de plusieurs kilos de marchandises. A ingérer ou insérer, les emballeurs empaquettent la coke dans des boudins durs comme de la pierre.

Si l'ingéniosité des trafiquants est sans limite et prêtent souvent à sourire entre fruits « farcis », chocolat, boîte de chaussure...ces "mules" qui débarquent à Maurice à un rythme constant ne peut qu'inquiéter. 

Où en sont ces enquêtes à chaque arrestation ? Qui finit par réceptionner toute cette drogue une fois arrivée à destination ? Si la filière africaine implantée sur l'île est souvent dénoncée, malheureusement faute d'investigations et de réel moyens, le marché est arrosé par de la drogue dure.

Malgré un tonitruant "mo pou kass les reins bann trafiquants" lancé par le Premier ministre, les "barons de la drogue" ont de beaux jours devant eux et les enfants de la République, eux, continuent de plonger dans une lente et inexorable descente aux enfers. 
 

Rédigé par E. Moris le Dimanche 23 Septembre 2018

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