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Environnement

Marée noire: Le « Cardinal de Maurice » est en voie d'extermination à l'île Maurice


Rédigé par E. Moris le Mercredi 30 Septembre 2020



C'est dans la presse africaine que l'alerte est donnée. Le cardinal de Maurice, une espèce d’oiseau endémique d’Île Maurice est en grand danger de disparition.

La marée noire survenue le 25 juillet dernier dans le sud-est de l’île a pollué et contaminé l’habitat de ce petit oiseau dont l’existence était déjà menacée par les activités humaines. Ce petit oiseau endémique de Maurice surnommé « le cardinal de Maurice », risque de disparaître de la terre, si des mesures urgentes ne sont pas prises. C’est du moins la crainte exprimée par des écologistes.

Bien que l’impact de cette marée noire soit encore en cours d’évaluation, les scientifiques parlent déjà des conséquences désastreuses pour l’une rares espèces originaires de la région.

« Certains de nos oiseaux, surtout le cardinal de Maurice, se nourri d’insectes, mais aussi du nectar des fleurs. Si la chaîne alimentaire est affectée, on pense que ça va perturber nos oiseaux et que la reproduction pourrait être affectée » affirme Vikash Tatayah, directeur de la conservation à la Mauritius Wildlife Foundation, une ONG qui œuvre pour la sauvegarde la biodiversité sur l’île Maurice.

Rappelons que logé dans la liste des 100 espèces les plus menacées au monde établi par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en 2012, le cardinal de Maurice était déjà menacé, à cause de la destruction de son habitat et la prédation. L’oiseau a failli disparaître, à cause de la déforestation, des rats et d’autres espèces nuisibles apportés par l’homme. 

Plusieurs zones de la biodiversité ont été contaminés par la marée noire

Outre la menace d’extermination des espèces endémiques, la marée noire survenue le 25 juillet 2020 aux larges sud-est de l’île Maurice a fragilisé la faune unique de cette île qui dépend des connexions entre récifs, lagunes, prairies sous-marines et mangroves. Le fioul s’était en effet répandu juste devant une réserve naturelle (l’île aux Aigrettes), à quelques kilomètres d’un parc marin (Blue Bay) et proche d’une zone humide d’importance internationale (la Pointe d’Esny, un site classé Ramsar).

Pour limiter les dégâts de cette catastrophe, les opérations de nettoyage de la plage, et d’épongeage du mazout dans la mer se poursuivent. Des efforts soutenus par la communauté internationale, à l’instar de la Banque africaine de développement (BAD), qui a débloqué 500 000 dollars pour venir en aide aux autorités dans le cadre de cette crise. Cependant, Vikash Tatayah prévient qu’« un nettoyage intensif peut rendre les côtes stériles, et empêcher la recolonisation des algues et des mollusques dans les récifs ». Une lueur d’espoir est toutefois permise, poursuit l’écologiste « il y a des microbes dans la nature, qui vont digérer le produit pétrolier au gré des vagues et des vents. Mais ça peut parfois prendre des mois, des années… »

Mercredi 30 Septembre 2020

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