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MMM : trois lettres qui ne font plus rêver

Jeudi 28 Juin 2018

La démocratie mauve, c'est des gars désabusés assis sur des chaises en plastique à qui on demande de voter. Pittoresque, pour ne pas dire... grotesque", comme l'aurait si bien dit les Power Pouffes.


MMM : trois lettres qui ne font plus rêver
Entre les claquements de portes, les congés politiques des membres fondateurs du parti ou les sanctions sous forme de motion, de blâme, carton jaune, avertissement...le Mouvement Militant Mauricien (MMM), un des plus vieux partis politiques mauricien est amené à s'éteindre sans grand fracas avec son leader, Paul Bérenger.

Paul Bérenger a revisité la philosophie politique de Machiavel à la sauce mauricienne. "Mes enfants et moi sommes foncièrement contre les dynasties en politique".

Ce qui ne l'a pas empêché d'installer à tour de rôle son fils, son gendre, sa belle-sœur puis la fille propulsée "démocratiquement" à la tête de l'aile jeune du MMM et nouvelle coqueluche d'un petit cercle d'amis dans les médias mauriciens. Érigée comme la petite star montante de la scène politique alors qu'elle ne cesse d'accumuler bourdes, crises de nerfs pré ado et pétages de plombs dans le même acabit que le paternel. 

Le MMM connait depuis plus de dix huit ans une succession d'échecs avec des stratégies d'alliance désastreuses. Sans compter le caractère d'un leader aigri, irascible, et d'humeur "emmerdée" dès la moindre critique à son encontre. Les militants et fidèles de la première heure sont désabusés et ne suivent plus les consignes de vote du leader. Une certaine presse qui avait méthodiquement misé sur le leader Bérenger depuis des années commence à lâcher du lest, signe que les temps changent.

Depuis peu, la fronde s'est organisée au sein du MMM malgré les risques de courroux du dictateur Bérenger. Il faut dire que la énième déculottée de la partielle n°18 en décembre dernier a eu raison de la patience des plus fidèles sympathisants.

Face au populaire et charismatique Arvind Boollel du Ptr, les mauves ont aligné une novice en politique soutenue par une clique de People à la petite semaine, opportuniste et mal élevée. Malgré les salamalecs des portes à portes pour mendier un vote, les électeurs n'ont pas été dupes.

Ce fut un vote sanction, un rejet de la politique du Mouvement Militant Mauricien. 

Ce qui a fait dire à Pradeep Jeeha, le leader adjoint sur les ondes d'une radio privée :  “On ne peut continuer à laisser des gens devenir des clowns dans la cour du roi Pétaud”.

Ces propos n'ont pas suffit à dégeler l'ambiance polaire. La direction n’aime pas que ses membres parlent à la presse. Jeeha a d'ailleurs été remercié et expulsé du parti par l'instance suprême des mauves. Steve Obeegadoo, l'autre homme fort qui a osé braver le leader est aussi sur un siège éjectable. Sheila Bunwaree fait quand à elle de la résistance passive.

Le petit Kim nord-coréen semble avoir fait des émules au sein de la République de l'ile Maurice dans la version d'un Paul Bérenger. 

Une guerre intestine où deux clans s'affrontent. D'un côté, des béni oui-oui, des "coller l'affis" et "followers" qui continuent à suivre aveuglément le maître en acquiesçant et en votant avec lui les décisions les plus surréalistes et ridicules tout en flattant l'égo du leader en espérant récolter un fauteuil ministériel lors d'une prochaine alliance.

De l’autre, ceux qui ont le courage de leurs opinion aux risques et périls de leur avenir politique. Rare mais ce sont les plus lucides et avisés. 

Le leader mauve déphasé et opposé à toute réforme ou remise en question, découvre que ses motions de blâme ou autres tentatives pour museler ses membres ne provoquent pas de consensus. Dans le déni, il n'entend pas, ne voit pas et insulte ceux qui s'opposent à lui en qualifiant "d'abjecte et d'infecte" toute forme de résistance. 

Françoise Labelle, vingt ans de service au sein du parti n'a pas mâché ses mots. Elle plaide pour une révision du fonctionnement désuet des branches du MMM qu’elle accuse d’être la raison de la déconnexion entre le parti et sa base électorale. 

À part brailler comme un disque rayé en conférence de presse dans sa messe du samedi ou offrir un spectacle affligeant à l'assemblée, entre gesticulations et feuilletage de journal dans un je-m'en-foutisme, depuis qu'il a perdu sa place de leader de l'opposition.

Il ne sert plus à rien et offre le service minimum. Son impopularité est justifiée et fait de lui un homme politique en pleine déchéance. Dans d'ultimes tentatives pour sauver les meubles, le gourou Bérenger face à ses adeptes, clame que le MMM est plus fort que jamais et va remporter seul les prochaines élections.  
 
Sauf que la moitié de ses députés l'ont quitté et chaque semaine quelqu’un démissionne ou se met en congé politique. C'est la définition du MMM du... plus fort que jamais.  

 

Rédigé par La Mauricienne le Jeudi 28 Juin 2018

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