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Société

Les Chagos : Le dernier combat de SAJ devant la Cour Internationale de Justice de la Haye


Rédigé par E. Moris le Jeudi 3 Juin 2021



Décédé ce jeudi 3 juin à l'âge de 91 ans, Sir Anerood Jugnauth laisse derrière lui un héritage politique important et son fils Pravind Jugnauth à la tête du pays.

Anerood Jugnauth a marqué la vie politique des Mauriciens plus d'un demi-siècle, depuis ses débuts en politique. 6 fois élu Premier ministre, président de la République pendant 9 ans, feu Anerood Jugnauth a façonné le pays à travers sa vision.

Son dernier combat s'est déroulé lors des auditions à la Cour Internationale de justice (CIJ) de la Haye le 3 septembre 2018, pour la souveraineté de Maurice sur les Chagos. Il avait tenu à plaider aux côtés des avocats pour un avis consultatif favorable de la CIJ au sujet de l'excision des Chagos par le RoyaumeUni. : “Je considère cette lutte comme une mission sacrée”, avait-il déclaré aux Pays-Bas.

L'ancien ministre mentor avait indiqué qu’il est le seul survivant parmi les participants des diverses négociations de Lancaster House. Il a raconté avec précision ce qui s’est passé durant ces « conférences »

Se basant sur certains documents du gouvernement britannique tombés dans le domaine public, sir Anerood Jugnauth a indiqué que les négociateurs mauriciens n’avaient d’autre choix que d’accepter l’offre des Britanniques, c’est-à-dire retourner à Maurice avec l’indépendance. L’autre option, a-t-il indiqué, c’était de quitter la Grande-Bretagne sans l’indépendance. D’ailleurs, a-t-il indiqué, cela est mentionné dans un document du gouvernement britannique. 

L'ancien ministre mentor s’est aussi appuyé sur une note confidentielle de l’époque où il est écrit que Harold Wilson, Premier ministre britannique de l’époque, a convoqué sir Seewoosagur Ramgoolam pour une réunion avec l’objectif de lui faire peur. Le terme anglais « frighten » est d’ailleurs mentionné dans la note en question. 

Sir Anerood Jugnauth a souligné que le processus de décolonisation de Maurice est incomplet et le restera tant que Maurice ne jouira pas de sa souveraineté sur les Chagos. L'ancien ministre mentor a mis l’accent sur la souffrance du peuple chagossien mais aussi le préjudice subi par Maurice à la suite ce cette excision « illégale ». Aucune somme d’argent ni compensation ne pourra réparer cela, a-t-il insisté. 

Une intervention historique de sir Anerood Jugnauth qui a duré une quinzaine de minutes.
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Jeudi 3 Juin 2021

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