Un autre regard

Le duel politique Pravind Jugnauth / Navin Ramgoolam, fantasme des Mauriciens ?

Samedi 10 Août 2019

Qu'on le veuille ou non, les deux bonshommes entretiennent le fantasme d’un règlement de compte. 

Après avoir été jeté en prison comme un malpropre par le paternel, le fiston Jugnauth, ex poulain de l'écurie Ramgoolam, se voit clasher régulièrement par le leader du Parti travailliste, un brin rancunier. 

La suite n’est qu’une multitude de provocations bipartites, ce sont des clash, comme seul la politique en connaît depuis sa genèse. Cela fait partie de sa culture, c’est à prendre ou à laisser.  

Ce qui différencie les deux gaillards, c’est que dans un premier temps, Pravind Jugnauth fuit le clash, tente de désamorcer la situation. Ramgoolam lui, s’épanouit dans le conflit, joue le rancunier, et en remet des couches.  

Les clash politiques Jugnauth/Ramgoolam sont les plus commentés sur les réseaux sociaux avec une opposition de styles. 

De son côté, Pravind Jugnauth, qui enchaîne les interviews sponsorisés par des plateformes de "news", se construit sereinement une image de gros nounours. Gentil et tendre avec les journalistes qui vont dans son sens. Allant jusqu'à promettre des portefeuilles ministériels à ces nouveaux mercenaires de la presse, dans la plus grande lignée des de L'Estrac ! 

Jusqu'à l'heure, tout se fait par conférence ou dans des meeting interposés, sans de véritable face-à-face entre les deux adversaires politiques. Un ancien rédacteur en chef, devenue conseiller du Premier ministre allant jusqu'à déclarer : «Ce n’est pas un affrontement entre deux personnalités qui va éclairer les électeurs.» Belle idée de démocratie !

D'un autre côté, les réseaux sociaux sont devenus un terreau fertile, alimentés par les médias qui s'en donnent à cœur joie. Des gosses dans une cour de récré, on ne peut rêver mieux. Sur les réseaux, chaque phrase est commentée, relayée par une volée d’internautes ayant sorti le sachet de pop-corn depuis belle lurette.  

Avouons le, cette baston politique, tant souhaité par Ramgoolam montre deux choses: d’abord, la violence dans la politique n’est pas un mythe. La communication, le marketing, la construction d’une image priment, certes. Mais la rancune est bien souvent plus forte «Quand on parle, faut assumer». Ça n’est pas tout à fait une légende. 

Ensuite, le public a sa part de responsabilité dans ce spectacle désolant. C’est lui qui like les publications ou articles des deux camps, c’est lui qui a soif de potins dignes d’un numéro d’été version political game, c’est lui qui relaie à tout-va sur Facebook.  

Le duel Jugnauth/ Ramgoolam est attendu dans le style : Vous l’avez voulu, vous l’avez eu.

Rédigé par E. Moris le Samedi 10 Août 2019

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