Environnement

Le Figaro : "Le gouvernement mauricien est accusé d'abattre les dernières roussettes de l'île, pourtant protégées."

Vendredi 1 Février 2019

L'article est publié dans la presse française ,dans le journal Le Figaro sous le titre : "Les chauves-souris géantes de l'île Maurice, tuées pour leur gourmandise", signé Vincent Bordenave. 31/1/19


On le savait, les critiques internationales ne cessent de pleuvoir après la décision du gouvernement mauricien d'abattre des chauves-souris sous la pression des agriculteurs. 

En effet, ces derniers se plaignent des dégâts causés par les chauves-souris de l'île sur leurs récoltes. Malgré des aides pour se procurer des filets de protections, le gouvernement a cédé et a ordonné en 2015 l'abattage de ces mammifères.

Résultat : 13.000 chauves-souris tuées, réduisant au total la population de l'île de plus de 50%. L'ONG Droits humains océan Indien a porté plainte devant la Cour suprême du pays, le procès est en cours et pourrait se terminer lors de la cinquième audience ce 22 février.

Depuis plusieurs années, l'espèce est sous surveillance de l'Union internationale de la conservation de la nature (UICN). En trois ans elle est passée de «vulnérable» à «en danger d'extinction». 

Le principal argument du gouvernement mauricien invoque la raison d'État pour se débarrasser des mammifères volants. Mais l'impact des chauves-souris sur les récoltes est en fait minime, souligne Christian Vincenot,, professeur à l'université de Kyoto, spécialiste des chauves-souris et conseiller auprès de la partie civile.

Il y a un paradoxe à voir l'île Maurice, terre du dodo, sacrifier ses chauves-souris alors que le pays a été un des premiers signataires de la Convention sur la diversité biologique adoptée lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992.

En 2017 un article publié dans Journal for Nature Conservation montrait qu'en transportant des fruits à travers l'île, les roussettes contribuaient à la bonne tenue des forêts insulaires. Plus d'un tiers des plantes de l'île dépendrait essentiellement de ces mammifères volants pour disséminer leurs graines.

Lire l'intégralité de l'article. 

L'image du jour : Heureusement que le ridicule ne tue pas.

le Vendredi 1 Février 2019