Politique

Le Club des Friends : « After India bashing Ptr, now China bashing PMSD »

Dimanche 1 Juillet 2018

Le mot " bashing" est un mot très tendance et magique souvent utilisé ici et là par les hommes politiques dans le contexte mauricien pour faire taire les critiques et les détracteurs. Ramener tout au communautarisme, on le sait est un art. Trop de bashing, tue le bashing !


Le leader de l’opposition a adressé sa Private Notice Question (PNQ) ce mardi 3 juillet, sur le groupe chinois qui souhaite investir dans les secteurs de construction et de l'industrie à Maurice.

«Poly Technologies est interdit en Amérique. Elle est aussi le plus gros fournisseur d’armes en Chine.»

Celle-ci était adressée au Premier ministre qui a répliqué que l’interdiction qui pesait sur Poly Technologies a été levée en 2015 et qu’un Memorandum of Understanding (MoU) à hauteur de Rs 13 milliards a été signé pour la construction de logements sociaux. «Poly Technologies nous aidera pour notre projet de Social Housing et non pas en approvisionnement en armes». Le Board of Investment aurait gardé contact avec Poly Technologies en 2017 qui disait vouloir mettre sur pied un bureau régional à Maurice comme quartier général pour l’investissement en Afrique.

Xavier Duval a eu droit a un : "China bashing " de la part de Pravind Jugnauth.

Le Premier ministre est dans la récidive

Concluant les débats sur le discours du budget, en consacrant une bonne partie de son allocution de près de deux heures à défendre son bilan économique, le Premier ministre a réservé quelques virulentes sorties aux membres de l’opposition. Tout le monde a eu droit à quelque tacles et uppercuts.

Xavier Duval et Paul Bérenger ont été apostrophés, mais c'est surtout à l’égard d’Arvin Boolell, député qui a fait son grand retour à l'assemblée fort de sa victoire de la partielle n°18, que Pravind Jugnauth s’est montré le plus virulent.

Il a accusé l’ancien ministre des Affaires étrangères d’India Bashing. Selon le chef du gouvernement, c’est après une action concertée au sein de son parti qu’Arvin Boolell a critiqué la trop grande dépendance du pays envers la Grande péninsule.
 
Le India bashing est un mot très tendance et magique souvent utilisé ici et là pour faire taire les critiques et les détracteurs. Ramener tout au communautarisme, on le sait est un art.

Du coup, ils sont nombreux à se regrouper dans des Clubs de Friends.

FRIENDS OF INDIA 

Le ministre de l’Economie océanique, Prem Koonjoo a critiqué ceux qui selon lui font du "India bashing" par rapport à la ligne de crédit de 500 millions de dollars américains ouvert par l'Inde en faveur du gouvernement mauricien. Les indiens ne pouvaient rêver d'avoir meilleur avocat en sa personne puisque son ministère a reçu un portefeuille de plusieurs millions venant de l'Inde pour un centre observatoire océanographique à Albion. Albion qui accueillera également... un pétroleum financé par... l'Inde.

À tous les détracteurs qui s'indignent de l'omniprésence de l'Inde sur terre comme sur mer, il n'oppose que le terme d'"India bashing".  

Son collègue Nando Bodha, le ministre des Infrastructures en rajoute une couche: "L’Inde s’est toujours mis debout comme un grand frère aux côtés de Maurice, que ce soit sur le plan diplomatique ou financier.»  

À croire qu'ils se sont donné le mot. Lors d’une conférence de presse, des associations culturelles regroupées sous la plate-forme "Friend of India" ont condamné vivement l’opposition et la majorité de la population contre le projet Metro Express d’Agalega et les autres projets ambitieux de l'Inde sur le territoire mauricien qu’elles qualifient de "campagne de dénigrement contre l’Inde".  

Selon Madeven Sooben, président de la Mauritius Tamil Temples Federation (MTTF),"C'est avant tou ban morisiens ki pou sorti gagnant donc c’est ki nou bizin apprécié sa ban coup de main ki nou pé gagné. C’est ban nuvo génération ki pou sorti gagnant de sa ban développement". 

Somduth Dulthuman, président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation confirme : "À peu près 70 % population zot ancêtre fini sorti dans l’Inde pou vine Maurice. Pou enn partie population sa pays là, li blessant qui ena dimoune osé critik l’Inde san kantité là, li pas possible nous capave control tou sa la mer ki nou ena là".

Autant mettre un nom sur ces hurluberlus qui surgissent de l'ombre pour faire la leçon et qui parlent au nom des Mauriciens pour soutenir le gouvernement. Diviser pour mieux régner telle semble être la devise. Oublions notre exemplarité du vivre ensemble.  

La plate forme Friends of India consiste en une quinzaine d’associations, socioculturelles dont l’Arya Ravivde Pracharini Sabha, la Gahlot Rajput Maha Sabha, la Hindu House, la Hindu Maha Sabha, la Hindutva Movement, le Human Service Trust, la Marathi Mandali Federation, la Mauritius Tamil Temples Federation, la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation, la Mauritius Arya Sabha, la Telugu Maha Sabha, la World Telugu Federation, le Hindu Economic Council, la Vishwa Hindu Parishad, l’Association des mosquées et le Friends of BJP.

FRIENDS OF ARABIE 

Après les Friends of India, enter les Friends of Arabie. Un regroupement obscur sous l'intitulé le "Regroupement des Associations Musulmanes" n'a pas apprécié les critiques de Xavier Duval et Paul Bérenger sur le ministre Soodhun. Critiques justifiées après un communiqué émis par le ministre annonçant que Maurice suspendait toutes relations avec le Qatar.

A croire que chaque communauté doit se regrouper entre "amis" pour mieux défendre sa caste ou sa religion.

Rédigé par E. Moris le Dimanche 1 Juillet 2018

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